Wild Runner Part. 2 : Pablo Vigil

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Deuxième partie de cette série consacrée aux wild runners américains, ces coureurs qui possèdent une relation toute particulière avec la Nature et l’Espace, où je m’intéresse à un monstre sacré de la course de Montagne : Pablo Vigil.

Cet article est une traduction partielle de l’interview réalisée par Joe Grant et publiée sur son blog. L’interview est disponible en version originale et dans son intégralité ICI.

Palmarès

  • Quadruple vainqueur de Sierre-Zinal en continu de 79 à 82
  • Triple vainqueur du Marathon de Cleveland
  • Membre de l’US World Cross Country Championship Team en 82 et du World Mountain Running Championship Team en 80
  • Vainqueur du Hoggar Super Marathon (100 Miles)

Passion

Je suis venu à la course à pied avec l’idée que tu dois avoir la passion et tu dois avoir l’amour. Que ce soit pour l’art ou la danse ou quoique ce soit d’autre. Courir se trouve être notre passion et notre amour. J’étais prêt à vivre comme un avare. J’étais prêt à vivre de beurre de cacahuète et de flocons d’avoine et vivre dans une double et large mobile-home avec 13 autres malodorants, fous, funs, excités étudiants/coureurs comme j’ai fait à Boulder. Donc, tu es prêt à tout sacrifier pour continuer ta passion. Ça, c’est ce que j’étais et c’était un grand moment. (NDLR : Il a également traîné dans les années 70 avec le Beat Allan Ginsberg sans doute lors de ses voyages dans le Colorado).

Sacrifices

Tu dois faire des sacrifices. Sans aucun sacrifice et bien sûr sans avoir la discipline, le dur labeur et être prêt à apprendre de ses erreurs, ça n’arrivera pas. Tu dois avoir cette passion, cet amour et tu dois avoir cette conduite et ce courage d’arriver à continuer à tout prix. Tu peux t’installer dans les montagnes dans une cabane en rondins sans chauffage ou dans un mobile-home avec un groupe de coureur fous, mais si tu es réellement sincère avec ta passion, tu es prêt à faire ça. Ce n’est pas un boulot, ce n’est pas un effort et c’est ça qui est génial. Je pense qu’il y a parfois beaucoup de jeunes gens qui démarrent en pensant à l’argent et à la notoriété et c’est un leurre au lieu de l’initiative et de la passion, et de l’enthousiasme à travailler dur et à évoluer progressivement.

Passer le flambeau

J’ai 61 ans, je regarde en arrière toutes ces merveilleuses années à Sierre Zinal, compétitions olympiques et cross mondial et voyageant autour du monde, ce sont de merveilleuses années. Tu es incapable de mettre un prix sur cela. C’est parmi les meilleurs moments de ma vie et bien sûr toutes ces amitiés que tu forges avec des personnes partout dans le monde. Ce n’est pas simplement des personnes des USA, tout d’un coup, tu es global, tu es connecté et indirectement tu inspires beaucoup de monde en passant le flambeau. Les gens sont malades et fatigués de m’entendre dire ça, mais il s’agit d’inspirer la génération futur, passer le flambeau. Comment arrives-tu à aider quelqu’un d’autre ? Comment arrives-tu à maintenir le sport en vie et le porter à un autre niveau ?

Voyager

Que disait Mark Twain? Quelque chose comme si tu veux combattre l’ignorance, commence à voyager. Voyager est une des meilleures choses au monde. J’ai appris beaucoup de langues, comme le français en 3e langue et j’ai rencontré tellement de monde – ça n’a pas de prix. Je t’ai rencontré maintenant ! Maintenant, c’est tellement inspirant de rencontrer la vague suivante du sport et continuer à passer le flambeau. Il s’agit de maintenir la passion en vie. C’est ce que j’ai appris.

Courir pour survivre

Pour moi courir est une des choses les plus spirituels au monde. C’est lié à tellement d’autres choses comme l’esprit humain, les buts, la signification de la vie, l’estime de soi, faire du monde un meilleur endroit. J’ai eu quelques-unes de mes meilleures pensées en courant, juste être seul dans les montagnes, être capable d’écouter le silence et méditer. Les personnes qui n’ont pas cette passion ne comprenne pas, ce n’est nécessairement avec la course à pied, mais aussi la peinture, le jardinage, la musique ou autre.

La musique en est une autre qui est incroyable. Ma première passion était la musique. Je n’ai jamais pris de leçon, j’étais autodidacte, mais cela m’a donné un objectif et un moyen de m’évader. Nous avions beaucoup de problèmes enfants comme la pauvreté et des problèmes familiaux, donc la musique et plus tard le sport ont été quelque chose qui m’ont donné une vision et un but. Je me suis battu avec beaucoup de choses, être pauvre, monolingue, être une minorité dans les années 60 et 70 avec toute la discrimination, donc il y avait une relation symbiotique entre la musique et l’athlétisme qui se nourrit l’un de l’autre. Avoir cette synergie était très important.



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