Trail Running, le nouvel Eldorado !

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Trail Running, le nouvel Eldorado ! Je profite de ma blessure pour porter un regard un peu acide (et sans doute acerbe) sur notre (belle?) discipline. Il est loin le temps de l’insouciance. L’esprit Trail est mort et enterré. Le Trail est « fashion » et « bankable ».


Cela fait plusieurs mois que mon regard sur notre discipline évolue et devient un peu plus critique. Elle est en pleine transformation. En quelques années, elle est devenue à la mode, teintée de chrono et surtout un véritable business.

Je joue un peu à « l’hôpital qui se fout de la charité ». Je l’assume complètement. C’est surtout pour provoquer une discussion que je vous expose ici ces quelques bribes de réflexion.

Trail Running, le nouvel Eldorado

Voilà 5 ans que je fais du Trail, cela correspond aux 5 années nécessaires à transformer la discipline. Quand j’ai commencé, le Trail atteignait son zénith en France et commençait seulement à se faire une place au soleil en Belgique.

Fashion

Aujourd’hui, c’est LA discipline dont tout le monde parle. Il suffit de voir l’engouement des médias mais aussi la prolifération des blogueurs, des compétitions, le développement des accessoires, des produits, des vêtements. Le Trail est devenu fashion.

Ce n’est pas une mauvaise chose en soi. La discipline est enfin reconnue. L’offre des compétitions et des accessoires est aujourd’hui quasi infinie. Le seul problème qui en ressort est finalement le choix.

Le choix du bon accessoire, le choix de la bonne course, le choix de la bonne paire de chaussures, comment faire le bon choix ? Le risque est désormais de séparer le bon grain de l’ivraie. Parce que, cette dernière me semble de plus en plus importante.

Pour simplifier, j’ai l’impression que tout le monde s’engouffre dans ce nouvel Eldorado avec, pour certains, des objectifs peu louables…

Bankable

Le Trail est un business. La personne qui nie cette affirmation doit être perdu dans un gouffre temporel que lui seul maîtrise. Ce blog en est aussi un d’une certaine manière. Je teste des produits pour donner une visibilité au marque en contre-partie je peux garder le produit. La publicité me permet de financer mon espace web, les investissements nécessaires en matos photo et vidéo etc… etc…

Le problème n’est pas le business en lui-même bien au contraire. C’est plutôt le rôle d’appât qu’il joue pour toute une série de personnes pour qui le trail n’est absolument pas une passion mais qui ne voit que les euros cachés. La passion semble malheureusement de moins en moins présents dans cet eldorado où tout reste à faire.

Je constate ainsi de plus en plus de produits sans réelle recherche d’innovation. On surfe sur la vague. On investit le moins possible et on maximise ses gains. Dans les compétitions, c’est pareil. Chaque jour naissent des trails absents de passion où tout est fait pour maximiser les revenus. Désormais, tout le monde s’improvise organisateur avec tous les risques qui en découlent…

Tout n’est pas perdu

Je ne suis pas d’un naturel pessimiste. Comme pour ma blessure, je sais que le trail passe juste une mauvaise passe. Il est cependant important de garder en tête d’où nous venons ! Le Trail est l’expression de la simplicité.

Maintenant que le trail est à la mode, gardons la tête froide et ne cédons pas à toutes les sirènes du business au risque de conduire le trail vers une version édulcorée, insipide mais vendue 10x son coût de fabrication.

Gardons la passion au cœur de toutes nos aspirations, continuons à construire la discipline de demain, évitons les profiteurs mais n’empêchons personne de vivre de sa passion (y compris dans l’organisation des courses). Bref, faites le bon choix !

 

Commentaires

2 Commentaires

  1. Salut Ju, j’ai fait pon 1er trail le OHm en 2008 si j’ai bon souvenir…on devait être genre 60…juste pour « finaliser » les entrainements que je faisais via le boulot et l’appliquer sur une longue distance (33km je pense..) Puis, je me suis mis au VTT de descente, fun, rigolades, bande de « djeuns » quoi..en 3 ans, c’était devenu des « stand » et non plus des tentes avec des mecs qui dormaient avec leur vélo après une nuit de déglingos..des marques et des sponsors on fleuris..de la descente avec des conseils de meilleurs sur les trajectoires etc..c’est devenu « je fais ma trace »…j’ai stoppé surtout pour les risques qu’était ce sport..en trail, j’ai le sentiment comme tu en parles d’un business, certe, de trails qui poussent comme ma pelouse au printemps..mais je cours pour moi, pour changer de « mes terres » que je foulent dans mon village et sur course, je lache des feintes (pas marrantes souvent..mdr) je râle…j’encourage, pcq j’ai cet esprit « simplet » dans le dur..puis comme ce week-end je termine main dans la main avec un traileur de 62 ans pleins de crampes comme moi..rien que pour ça..c’était mon eldorado 🙂 Au plaisir mon ami..Ton blog reste la référence du passionné 🙂

    • Salut Chris,
      Je viens de lire ton commentaire qui me touche en tant qu’organisateur de l’Ohm (Je viens prêter main forte a mon père qui en est a la base). l’Ohm trail en est a sa 12e edition. On a gardé le meme concept, la meme équipe et memes les bénévoles sont toujours la ! Par la force des choses, on s’est un peu mieux organisé d’un point de vue logistique 😀 et on a peaufiné le parcours d’année en année.
      Du coup, je souhaiterai t’offrir l’inscription pour cette édition afin de comparer l’évolution du parcours et avoir un avis externe si ca te dit ? Je pense qu’on tient vraiment un chouette parcours sur le 35km. Costaud a coup sur 🙂
      En espérant que tu sois partant et en forme,
      Greg.

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