Le Trail est mort ! Vive le Trail !

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Le Trail est mort… Ces derniers temps, nombreux sont les messages défaitistes quant à la mort du Trail face aux machines commerciales qui récupèrent notre belle discipline ou sa récupération afin de « vendre » une course. Pourtant, j’ai envie de crier « Vive le Trail » car ce ne sont pas ces machines et ces récupérations qui dictent ce qu’est le trail mais nos actions et nos choix de courses… 

Le Trail est mort !

Ces derniers temps, je lis souvent des articles tentant de définir ce qu’est le « Vrai trail ». On se demande alors quels sont les paramètres à prendre en compte. Faut-il un certain nombre de kilomètres ? Faut-il x mètres de dénivelé positif ? Faut-il qu’il soit 100% off road ? Faut-il une récompense pour les vainqueurs ? La liste des questions est longue mais… inutile.

En effet, à mon sens, il n’y a pas de « vrai » ou de « faux » trail; il n’y a que des coureurs. Si aujourd’hui, il y a des courses que l’on appelle « Trail » et que l’on fait payer presque 3€ du kilomètre, ce n’est pas tant la faute des organisateurs que des participants.

Si certains sont prêts à payer 25€ pour faire un « Urban Trail » de 10 bornes sur route, doit-on blâmer le coureur qui y participe ou l’organisateur ? Certes ce dernier est plus que vraisemblablement motivé par l’appât du gain mais il doit son bénéfice aux coureurs… Or à ce jeu-là, la question est plus simple que celui de l’oeuf ou de la poule. Le traileur est apparu bien avant la compétition !

Pourquoi ? Parce que la définition du Trail est simple, notre discipline n’est pas née de la compétition. Elle est née des montagnards ou des coureurs des bois qui devaient parcourir plusieurs kilomètres à pied pour aller à l’école, pour travailler, pour retrouver leurs potes… Afin de perdre le moins de temps, ils y allaient en courant. Les origines sont simples. C’est le milieu et les acteurs de la montagne et des forêts qui ont fait naître notre discipline, pas les organisateurs de courses.

Le Trail running ou course sur sentiers, ce n’est que ça : couvrir une distance en pleine nature le plus rapidement possible. Point. Très rapidement, ces jeunes montagnards ont voulu, dans une ambiance bon enfant, se challenger et c’est là que la compétition est née… Donc oui ! Si l’on se limite à définir le Trail comme une compétition, cela fait bien longtemps que la discipline a perdu son essence…

Vive le Trail !

Raison de plus pour crier que le Trail n’est pas mort mais il faut poser les bonnes questions pour avoir les bonnes réponses. Car non, ce ne sont pas les rouleaux-compresseurs commerciaux qui font le Trail. Ce sont des passionnés. Et bien que ce marketing malsain prend de plus en plus de place dans le paysage de la discipline, il ne faut pas oublier les passionnés – ceux de la première heures -, les briscards du trail, qui sont toujours aussi motivés à vous faire partager leur passion. Là se trouvent les reliques du Trail des origines…

En Belgique, il y a moyen de payer près de 100€ pour un 100 bornes comme il y a moyen de payer 0€ pour un 160 bornes annuels en Wallonie. Le premier est le fruit d’une entreprise commerciale, la seconde de passionnés, initiateurs de la course nature en Belgique. L’une est-elle meilleure que l’autre ? Je ne sais pas et je ne me permettrais pas de juger.

Par contre, je dirais simplement qu’en choisissant l’une plutôt qu’une autre, vous influez sur le devenir des courses natures et du Trail. C’est pour cela que le Trail n’est pas mort. Chaque coureur peut jouer dans la balance. Il en va de même au niveau international avec l’institutionnalisation des courses. Libre à vous de participer à un trail où vous avez besoin de plusieurs points acquis sur certaines courses ou à des courses méconnues dans des massifs tout aussi magiques où seules vos jambes sont nécessaires.

En conclusion

Je résumerais le Trail a un seul et unique mot : Liberté. Le coureur est libre d’orienter sa discipline dans une direction ou dans une autre. De la même manière, nous sommes libres de nous challenger en dehors de toute compétition officielle ! Pourquoi n’organisez-vous pas des compétitions officieuses à quelques personnes. Vous aurez la liberté du parcours (sans devoir demander des autorisations et signer de la paperasses), sans dossard, vous serez libres comme le vent et filerez par monts et par vaux jusqu’à cette arrivée communément définie avec vos camarades de courses.

Peut-être faut il se souvenir, chaque fois que l’on chausse ses chaussures, que le Trail est simple : un parcours, des jambes et du plaisirs.

Commentaires

7 Commentaires

  1. Joli article, et oui l’avenir est entre nos mains (nos pieds) et surtout au travers de nos choix. Pour moi, c’est clair, je ne participerais pas a des courses au prix exhorbitant si je ne le trouve pas justifier (repas d’arrivée, cadeau finisher ou autre). J’aime bien l’esrpti de LA SOLITAIRE des tepliers qui a été rperis l’an dernier…il faudrait + de courses comme cal…sans avoir le parcours a l’avance….

  2. Totalement d’accord avec toi et ce phénomène n’est pas lié au Trail ! Jogging, VTT, Triathlon, etc. Tous les sports, en devenant à la mode, subissent le même sort ! Le merchandising nous fait oublier l’essentiel, la base qui est : la pratique du sport qu’on aime.

    Et comme tu le dis si bien : en chaussant nos baskets pour parcourir les chemins, on fait du Trail ! 🙂

  3. Entièrement d’accord! Le trail permet de faire un sport en solo au contact de la nature. De mon côté, c’est ce que je recherche. D’ailleurs, impossible pour moi de penser à courir avec des écouteurs. Je dois entendre et sentir la nature bouger autour de moi. C’est ça le sentiment de liberté.

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