Pourquoi courir ? : un article sans chrono et sans dossard

4

Pourquoi courir? On vous a sans doute poser mille fois la question. Vous avez sans doute répondu que c’était pour maigrir, pour vous dépasser, pour atteindre un objectif. On essaie souvent de se justifier. Ne peut-on pas courir simplement pour être dans la nature ? Laissons nos montres GPS, nos chronos sur la table et laissons nous transporter par notre environnement.

Motivation

En tenant un blog de running depuis 3 ans maintenant, vous avez facilement remarqué mes justifications personnelles de manière sous-jacente. « Je fais cette course en entraînement pour l’OCC » ; « J’ai été courir pour tester ce matériel » ; « en course, j’ai pu tester » Bla bla bla… Bref, on peut croire que je construis ma pratique autour de mille et une motivations. Pourtant, en 2015, ma motivation est surtout faite de ces petites choses que la Nature nous offre au détour d’un sentier.

Morning Run

Ce matin, 18 septembre 2015, je me décide à aller faire un « morning run ». Je déteste ça. Je suis pas un matinal et j’ai toujours l’impression de me traîner quand je suis à jeun. Mais je me lance, les premières foulées ne sont pas terribles. En plus d’où je démarre, je n’ai pas le temps de m’échauffer qu’il y a tout de suite une côte bien pentue pour faire brûler les guiboles. Heureusement, je sais que juste après je rentre dans les bois pour ne plus en sortir avant quelques temps.

Quel plaisir de pouvoir goûter l’air frais et forestier de grand matin. Les jambes ne sont pas au beau fixe mais qu’importe. Après quelques foulées, le réveil difficile et les jambes douloureuses sont déjà oubliés.

Le soleil joue avec la brume. Le vent fait danser les arbres et, en ce jour de fin d’été, les couleurs de l’automne commencent doucement à dévoiler leur palette de nuances.

Je pourrais continuer pendant des heures à vous décrire la beauté de chaque pierre, chaque sentier, chaque partie de forêt.. Ce spectacle en perpétuel changement me fascine et me pousse chaque jour, inlassablement, à aller courir. J’aime tout simplement ce que la nature nous offre.

Découverte

Pendant longtemps, j’ai choisis mes courses en fonction du profil, de la difficulté ou de l’expérience que j’allais pouvoir en retirer. C’est évidemment nécessaire quand on débute. Aujourd’hui, c’est beaucoup plus simple et la réponse est basique : « Est-ce que je connais l’endroit? ». Si la réponse est non et que l’agenda se goupille, je prends généralement part à la course.

La soif de découverte a remplacé la raison.

Il est parfois nécessaire de remettre l’église au milieu du village (pour encore une fois reprendre l’expression de notre traileur vosgien préféré). Je pense que le Trail c’est « ça » tout simplement. La soif de découverte, l’envie de s’émerveiller, l’envie de profiter de l’instant dans l’effort. Qu’importe ce que la montre raconte, ce que le chrono nous martèle, profitons !

Comme dans tous les domaines, la simplicité et l’humilité intrinsèques à la course nature nous amènent à faire des rencontres hors du temps : un aigle qui vous survole, un renard surprenant votre petite accélération en côte, des chevreuils qui se demandent ce que vous faites là dans leur bois à une heure si matinale…

Simplicité

Quand on voit les pelotons de course aujourd’hui, il serait bon de se souvenir de l’origine du trail. À l’époque, il n’y avait que des hommes et des femmes partant courir avec un vieux t-shirt, un vieux short et des baskets achetées au seul magasin de sport du coin juste pour le plaisir de courir dans la Nature et rien que ça…

Sans chrono, sans cardio, sans compression, juste leur respiration en harmonie avec le souffle tellurique…

Je tiens d’ailleurs à tirer ma casquette aux « Coureurs célestes ». Ils continuent à perpétuer en Belgique cette tradition de la course nature brute de décoffrage. Cette manière de courir a malheureusement tendance à se perdre face aux organisations mercantiles dont le seul but n’est ni leur plaisir, ni le vôtre mais celui de leur portefeuille.

Rappelez vous encore et encore d’où vient le Trail : une pratique sans chrono et sans déchets dont le seul but est le plaisir de courir en pleine nature !

 

Commentaires

4 Commentaires

  1. Cet article fait du bien. Je me sens concernée par ce que tu dis, tu trouverais sur mon blog des variation sur le même thème. Peut être que si j’étais meilleure j’accorderais plus d’importance au chrono mais pour le moment mon seul plaisir est d’être seul au monde dans la forêt, le reste…

    • Tu as raison. Le chrono, c’est une illusion. Le Trail, c’est avant tout explorer le monde en courant !

      De fait, j’ai été parcourir ton blog. De fait, on a les mêmes préoccupations. Ça fait plaisir.

      Je te souhaite beaucoup de plaisir dans ta pratique sportive car c’est ce qui doit nous motiver.

      A très vite

  2. « Je pourrais continuer pendant des heures à vous décrire la beauté de chaque pierre… » Je me retrouve bien là! Je cours aussi principalement pour ça depuis de nombreuses années et je ne me lasse pas et suis toujours émerveillé par les paysages que je vois….Chaque sortie est différente, meme sur un parcours identique. J’ai une préférence pour le matin… C’est souvent là que la lumiere est la plus belle et c’est aussi là que l’on profite le plus du calme de la nature.. Pour moi aussi c’est ça le Trail avant tout.. La compet. c’est pas mon truc, je n’en ressent pas le besoin.. Le plaisir avant tout! 🙂
    bienvenue dans la Runnosphere de la part d’un ancien de la R version 1.1

Laisser un commentaire