Trail de la Lesse – une course d’ardennais

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Le Trail de la Lesse est une de ces courses qu’on choisit sur un coup de tête, au feeling mais surtout aux tripes. La course est à sa seconde édition et n’est pas encore aussi courue que la frénétique Bouillonnante. Et c’est tant mieux !

En plus, détail non négligeable, elle proposait cette année la distance de 32 km que je courais. Pourquoi n’est-ce pas négligeable? Tout simplement parce qu’il y a encore trop peu de Trails en Belgique qui proposent cette distance intermédiaire. Entre les distances très courtes (18 à 22) et la distance marathon, il n’y a que 10 km vous allez me dire. Certes. Mais quand on commence la course à pieds, quel plaisir de pouvoir faire une compétition entre les deux distances.

Autant le dire tout de suite, l’organisation était parfaite. On regrettera le trop peu de WC chimique mis à la disposition des coureurs et des accompagnants (2 pour plus de 500 personnes…). Le ravitaillement était bien situé et proposait le nécessaire à se requinquer avant d’attaquer le reste du parcours. Le balisage, hormis à un Y où le manque d’attention pouvait nous conduire sur le mauvais chemin, était parfait tout comme le pain-saucisse offert à l’arrivée à tous les coureurs.

La course (32 km et 1300 m de D+)

Départ sur un terrain de motocross sur la musique de Pulp Fiction et puis on traverser une route et on s’enfonce dans les bois jusqu’à l’arrivée. C’est véritablement la force de ce Trail : le dépaysement. A la limite, ce dernier est encore plus fort que sur la Bouillonnante. En effet, on ne traverse même pas de villages. Tout au plus, nous sommes passés par un hameau de 3 maisons.

Ce Trail, vendu par les organisateurs comme un course d’ardennais, ne ment pas. On se mange très rapidement une côte et une descente « à travers tout ». Cette descente technique à travers une sapinière dont le sol était couvert d’un tapis de mousse est un moment inoubliable pour moi. Sauter entre les souches, éviter les trous, éviter de chuter dans les bosses bien raides était jouissif et je ne suis pas le seul à avoir pris mon élan sur une souche pour sauter au dessus des branches – juste pour la beauté du mouvement. Puis vient le premier gué, et là, force est de constater qu’on reste des gosses à la vue de cette rivière à traverser : des scènes de films de guerre reviennent vite à l’esprit susciter nos fantasmes. Nous sommes pour quelques secondes des soldats avec la hargne d’en découdre mais avec la fleur au fusil. Bein oui, les Traileurs sont des amis de la Forêt et ne feraient pas de mal à une musaraigne.

Il s’ensuit alors une longue partie dans la forêt qui m’a énormément plu mais dont je ne me souviens plus des détails : clairières, sentiers techniques, chemins forestiers. Le seul élément dont je me souviens, c’est cette côte bien cassante où le soleil tapait fort et qui nous menait à un tout nouveau Belvédère. Sur cette partie, je me souviens avoir remarqué de nombreuses infrastructures installées discrètement pour les randonneurs. Parmi elles, la plus visible et la plus étonnante est le Belvédère, véritable sculpture sylvestre émergeant au milieu des bois.

Après quoi, on replonge dans la vallée par un chemin technique que j’apprécie fortement. Comme vous aurez remarqué, j’ai énormément de plaisir dans les descentes techniques. On plonge à nouveau dans les bois jusqu’au ravitaillement au 16e km. Je m’y arrête peu. J’ai tout ce qu’il faut dans mes bidons. Juste le temps d’échanger deux ou trois mots avec mon père venu me soutenir et prendre des photos. Merci à lui d’ailleurs pour les superbes photos qui me permettent d’agrémenter ce blog.

La 2e partie du parcours est traître ! On quitte le ravitaillement en replongeant rapidement dans la forêt et on en ressort pour attaquer pour attaquer un mur de 100m de D+. Le soleil tape et les kilomètres se font sentir. Merci à cette magnifique invention : l’acide lactique… Pendant 10 kilomètres, on court à travers bois, clairières, chemins qui disparaissent parfois à travers tout, qui débouchent sur un gué (trois au total), ça monte encore et encore. Les jambes souffrent autant que le mental. Il faut tenir.

Une fois la barre des 28 bornes dépassées, les jambes deviennent très lourdes. C’était la première fois que je dépassais 25 bornes. Et puis, il y a la traîtrise :D. Mais le genre de traîtrise qu’on adore parce que c’est la Nature qui nous l’offre. Après près d’un bon gros kilomètres en descente sur chemin, on passe le dernier gué et puis on re… Ah bein non, tu vois le mur à ta gauche ??? Et bien c’est pour ta pomme. Tu pensais que ça allait être tranquille les derniers kilomètres??? Et bien, mange encore un peu ^^. Bref, un mur de près de 100 m pentu comme la Montagne du Destin ou autre… Ça montait quoi ! Et heureusement que la corde était là pour nous aider parce que ça patinait..

Arrivé au dessus, je n’étais pas au bout de mes peines puisque ça redescendais… Et forcément quand ça descend, c’est pour remonter après. Ce qui fut le cas, on a donc remonté jusqu’au terrain de motocross où j’ai lâché les chevaux et je finis au SPRINT.

Un parcours difficile, des paysages magiques (l’Ardennes est belle quand même). Une ambiance de fou ! Ce Trail de la Lesse va devenir un INCONTOURNABLE en Belgique. En tout cas, il y a de fortes de chances pour que j’y sois l’année prochaine.

Temps Trail de la Lesse
 Je termine 83e/211 en 3:55:50 à une moyenne de 7,6 km/h.

2 Commentaires

  1. Oh merde, tant d’éloges, c’est trop.
    Merci pour ce récit.
    Les dernières lignes me font tellement plaisir que j’en ai presque eu les larmes aux yeux.
    Promis pour 2014 on fera encore mieux
    Greg (le traceur)

    • Content que cet article rédigé avec les tripes vous plaise ! Je ne doute pas que 2014 sera HUGE 😉 ! En tout cas, le rendez-vous est pris pour moi ! Julien

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