Sommes-nous tous dopés ? – Dopage et Trail running

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Dopage et trail running, ces deux mots étaient antinomiques jusqu’il y a peu. Pourtant désormais, ils doivent cohabiter. Mais, au-delà du dopage médicalisé, qu’en est-il des conduites dopantes ? Compléments alimentaires, médicaments détournés, protéines, ne sommes-nous tous dopés ?

L’expérience interdite

Le dimanche 3 mai 2015 restera dans les annales de la médecine sportive. Dans l’émission française Stade 2, le monde du sport découvrait huit athlètes volontairement dopés à des fins scientifiques.

L’expérience menée en secret dévoile les effets stupéfiants d’un dopage micro-dosé.

Le protocole

Le protocole consistait à soumettre 8 athlètes professionnels à un test d’évaluation des capacités physiques. Ils sont ainsi soumis à un test de puissance, contre-la-montre de 14km en vélo et un test sur 3000m en course à pied afin d’avoir une base de comparaison post-dopage.

Durant les 29 jours suivants, les athlètes vont ainsi recevoir régulièrement des micro-doses d’EPO, d’hormones de croissance, de corticoïdes ainsi qu’une une autotransfusion de sang tout en continuant à s’entraîner normalement. Après cette période, les athlètes vont reproduire le même schéma de tests que lors du premier jour.

compression

Résultats

Les résultats sont interpelant. La réaction aux produits est très variable d’un individu à l’autre. Un athlète a ainsi affirmé  que la prise de ces produits avait influé directement sur son caractère. Plus agressif mais surtout plus performant, il ira jusqu’à gagner 26 secondes sur 3000m !!!

De manière globale, tous les athlètes connaissent une amélioration de leur performance : meilleure résistance, puissance augmentée et amélioration de la vitesse.

Malgré la réaction assez étonnant de l’athlète précité, les autres ont connu des améliorations de leur performance plus en adéquation avec le microdosage spécifique à l’étude. Le but de cette dernière était également de dévoiler que le passeport biologique actuel devait être perfectionné. En effet, l’ensemble des athlètes présentait un passeport « normal » alors qu’ils étaient chargés. Peu, certes, mais chargés malgré tout !

Tromso Skyrace
© Dominik Briselat – http://dominik-briselat.de

La conduite dopante au quotidien

Définition

« On parle de conduite dopante lorsqu’une substance (vitamine, médicament, stupéfiant, etc.) est utilisée dans le but de surmonter un obstacle, que celui-ci soit réel ou supposé, à des fins de performance.

L’obstacle peut être un examen, un entretien d’embauche, un travail difficile et/ou pénible, une épreuve sportive, etc. » Qui n’a jamais pris des compléments vitaminés lors d’un examen, des antidouleurs juste avant une course ou encore de la créatine en musculation ? Personne ou presque !

Dopage et Trail running

Bien sûr, il faut néanmoins nuancer cette définition. Ce n’est pas parce que vous prenez de la spiruline ou des vitamines en complément ou en récupération que vous êtes sur la pente glissante de la conduite dopante. Il faut simplement prendre garde à ce que cette pratique ponctuelle ne devienne pas un véritable protocole.

Pour les amateurs, l’EPO, les hormones ou les transfusions ne sont heureusement que très peu accessibles. Cependant, de nombreux produits disponibles sur le marché peuvent être détournés et utilisés à l’amélioration des performances.

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Comportement pernicieux

Le comportement est pernicieux et s’immisce progressivement. On commence avec un  petit antidouleur avant la course, on continue avec l’utilisation de Tribulus Terrestris afin d’augmenter son taux de testostérone, des protéines enrichies en BCAA en récupération. Et puis vient la compétition, vous explosez votre chrono.

Vous lisez que l’utilisation à faible dose d’un inhalateur pour asthmatique peut accroitre votre souffle en course. A aucun moment, vous ne passez les frontières du dopage tel qu’il est défini par les autorités sportives. Pourtant, quelle est la différence ? Le comportement est le même ! Vous souhaitez augmenter artificiellement votre performance.

Courir en hiver

Conclusion

De nos jours, il est facile de trouver tout un arsenal de compléments alimentaires en pharmacie et/ou dans votre magasin de sport. Tout n’est pas à jeter, loin de là mais utilisez les avec parcimonie et sous le contrôle de votre coach ou de votre nutritionniste. Ne perdez pas de vue que ces produits doivent être consommés exceptionnellement et dans le cadre d’une alimentation saine et équilibrée. Sur ce point, cette dernière devrait amplement vous suffire dans le cadre de votre préparation physique.

© Benoit Martin

Informations complémentaires

Pour plus d’informations sur le dopage, je vous recommande fortement le site de la Fédération Wallonie-Bruxelles (http://www.dopage.cfwb.be) et celle de l’Agence Mondiale anti-dopage (https://www.wada-ama.org/fr/liste-des-interdictions). Outre la liste des produits et des doses considérées comme dopantes, le site renseigne également sur les compléments alimentaires, les risques liés au dopage ainsi que les contrôles.

Sources : Performances, dopage et conduites dopantes, INPES, juillet 2008. http://www.inpes.sante.fr/CFESBases/catalogue/pdf/1130.pdf

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