Wild Runner Part. 4 : Gordy Ainsleigh, le cavalier père de l’Ultra Trail

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Gordy Ainsleigh, ce nom ne vous dit sans doute rien que vous soyez runner ou a fortiori cavalier. Pourtant cet homme était un cavalier d’endurance équestre américain et l’un des meilleurs cavaliers en Ride & Run dans les années 70 et peut être considéré comme le père du Trail running longue distance.

Image by Hough Boy
Photo de Hough Boy

Western States Trail Ride

Aux Etats-Unis, il y a une course aussi mythique que l’UTMB français : la Western States Endurance Run qui se déroule dans la Sierra Nevada californienne. Avec Leadville 100 et Hardrock 100, il s’agit d’un des 100 miles (161 km) les plus mythiques du continent nord américain si ce n’est la course la plus mythique. Elle existe depuis 1977 et doit son existence aux cavaliers….

Wendell Robie
Wendell Robie

En effet, aussi surprenant soit-il, le parcours de la Western States Endurance Run est sensiblement identique à la Western States Trail Ride (ou Tevis Cup). Cette dernière est une course d’endurance équestre courue depuis 1955 et considérée comme la PREMIERE course d’endurance équestre. Cette année là, Wendell Robie veut prouver qu’un cheval peut parcourir 100 miles en moins de 24 heures. Avec 5 tough guys et leurs montures, il s’élance le long du fameux Western States Trail de Squaw Valley à Auburn, Ca et réussisse leur pari. Par la même occasion, ils fondent ce qui deviendra la course d’endurance équestre la plus dure du Monde (elle ne sera  que très récemment contrebalancée en Europe avec la course des 160 km de Florac).

Parcours de la Tevis Cup
Parcours de la Tevis Cup
 : le passage le plus spectaculaire de la course. On comprend pourquoi le collier de chasse est OBLIGATOIRE.
Cougar Rock : le passage le plus spectaculaire de la course. On comprend pourquoi le collier de chasse est OBLIGATOIRE.
Cougar Rock : le passage le plus spectaculaire de la course. On comprend pourquoi le collier de chasse est OBLIGATOIRE.
Cougar Rock

Gordy, son cheval, sa course…

Au début des années 70, parmi les 250 cavaliers qui s’élancent dans cette course folle, se trouve Gordy Ainsleigh. Il y participe deux fois. Ce mec serait passé inaperçu s’il n’avait pas donné en 1973 son cheval à sa copine. Il va sans dire que sa copine le largue et abandonne notre pauvre cavalier à pieds. Suite à cela, il en rachète un pour participer à l’édition de 73 mais se fait littéralement rouler dans la farine. Le cheval se met tout de suite à boiter après quelques entraînement. Il tente malgré tout sa chance mais il doit abandonner au vet-gate du 29e mile.

L’année 1974 marque un tournant. Ne souhaitant plus connaître une déconvenue avec un cheval, il décide de courir la course avec les chevaux mais SANS cheval. A la manière de Wendell Robie, il souhaite prouver qu’un homme est capable de couvrir 100 miles endéans 24 heures. Il boucle la Tevis Cup en 23 h 42 min ! L’Ultra Trail en montagne est né sur le même parcours que la Tevis Cup.

Liste de départ (http://www.wser.org/how-it-all-began/)
Liste de départ (http://www.wser.org/how-it-all-began/)
Le parcours de la Western States Endurance Run
Le parcours de la Western States Endurance Run

 

Rapidement, il fait évidemment des émules. L’année suivante, Ron Kelley tente de réitérer l’exploit mais échoue de peu. En 1976, Ken “Cowman” Shirk devient le deuxième homme à boucler la Tevis Cup en 23h30 min. En 1977, 14 coureurs s’élancent sur la course et sont encadrés par le vétérinaire de la Tevis Cup. Trois seulement arrivent à boucler la course dont un jeune de 22 ans. Cette année 77 marque la création d’un comité d’organisation. La Western States Endurance Run est officiellement née.

Le cavalier courant

Le récit possède suffisamment de rebondissement pour en tirer un film. Pourtant, cet homme ne vient pas de nulle part en course à pied. Bien sur, c’est un excellent cavalier mais aussi et surtout un des meilleurs en Ride & Run. Comme son nom l’indique, il s’agit de boucler en équipe de 2 avec un seul cheval un parcours donné. Il faut donc alterner monte et course à pieds. Notre homme s’était d’ailleurs illustré les deux années précédentes lors du championnat terminant 2e en 73 et 3e en 72. On peut donc dire qu’il porte en lui l’endurance. L’homme finira ainsi 22 fois la course dont il est en quelque sorte le père fondateur.

Pour un peu d’humour, je vous propose les magnifiques planches de Des Bosses et Des Bulles :

http://www.desbossesetdesbulles.com/La-Western-States-Endurance-Run.html

Deux passions…

J’avais entendu à l’époque où j’ai commencé à m’intéresser à l’endurance équestre cette histoire que je pensais légendaire.  Aujourd’hui, non seulement je vois avec plaisir que la terre porte toujours en elle des FOUS avec des idées farfelues et géniales mais en plus cette histoire me laisse entrapercevoir un monde infini de projets dingues. Cavalier et runner, le champs des possibles s’élargit tout de suite de manière exceptionnelle.

De plus, il apparaît que courir, s’entraîner me permet de comprendre mon corps et son fonctionnement. Ce faisant, je pourrai plus aisément appliquer les schémas d’entraînement à mon cheval dans les années à venir. Lorsque mon cheval sera prêt à concourir en endurance, j’espère pouvoir également en tirer des leçons pour ma propre manière de voir et d’appréhender la course à pied.

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