Le Trail de l’Orneau (50 km et 600m de D+)

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Dans la vie d’un runner, il y a globalement deux étapes à franchir pour être complet. La première est celle du semi-marathon ou des 20 km et puis le Graal suprême est celle du Marathon. Au Trail de l’Orneau, j’outrepassais ces deux étapes pour m’aligner sur un 48 km arrondi à 50 bornes – mon premier Ultramarathon – mais en course-nature, on appelle ça simplement un Trail (en dessous de 100 km, c’est peanuts :D). Une excellente occasion de célébrer ma première année de course à pied.

Menaçante météo…

Programmée depuis longtemps dans mon programme de course de l’année, il n’était absolument pas question de faire marche arrière. Qu’importe le temps, je le fais. Et, il faut bien le dire que jusqu’au départ, j’ai eu de gros doute quant à la possibilité de courir ce Trail au sec. Le vent soufflait et des trombes d’eau s’abattaient sur la région. Un avertissement météorologique est même diffusé à la radio le matin même conseillant d’éviter la promenade dominicale dans les bois… Pas de bol, je compte juste faire l’inverse et en plus pendant longtemps. Le vent et les averses ont sévit jusqu’à 9h15. A quinze minutes du départ, le ciel s’est déchiré laissant apparaître le soleil qui ne nous quittera plus durant toute la course.

La course

La course est constituée de deux boucles (22 et 26 km). La première est en fait le parcours que de la petite. Contrairement à l’année passée, le départ des deux courses est différée. C’est pas plus mal pour éviter de se cramer en suivant le rythme plus soutenu des coureurs de la première boucle même si j’aurais aimé pouvoir prendre le départ avec les potes !

Le départ est donc donné à 9h30 avec un ciel parcemé de bleu. Je suis excité. Ce Trail de l’Orneau constitue ma première étape dans ma préparation pour le Trail Verbiers St Bernard. Il fallait que je me teste sur de la longue distance pour valider l’avancement de mon entraînement. Car au fond de moi, je reste convaincu que s’aligner sur un Trail alpin pour fêter ses deux ans de course à pieds, c’est un peu de la folie.  Je vous l’avoue, j’avais la boule au ventre avant le départ. Le premier examen : c’est maintenant !

Les premiers kilomètres sont cool. Les jambes répondent bien mais le vent est terrible au milieu des campagnes et j’ai l’impression d’avancer contre un mur. Très rapidement, je me mets dans un rythme de sénateur aux alentours de 10km/h. Ça déroule bien malgré une courte baisse de régime au 8e kilomètre. 12e kilomètres, le ciel s’assombrit… Je profite du ravito pour mettre ma veste coupe vent. Je prends bien le temps de m’alimenter et repart avec des jambes parfaites. Très vite, un point de côté apparaît… Je ne comprends pas ! Je bois et mange en temps et en heures. La montée en macadam jusque la Cité « A tout vent » me scie littéralement les jambes. J’ai l’impression de me traîner. Mais ce n’est qu’une impression d’après mon tracker! Je suis tout seul à ce moment là : personne devant et personne derrière. Je plonge vers la Large Eau et y vais mollo car je sais que la montée dans les bois est bien cassante.

Effectivement… Alors qu’à l’entrainement cette côte passe toute seule, ici avec 16 kilomètres dans les jambes : c’est dur ! J’ai mon premier gros doute. J’ai l’impression d’être à fond. Le souffle est court, le cardio élevé et les jambes ont du mal. Heureusement, la portion plane de 3 km me permet de reprendre un peu de rythme. On débouche alors sur un plateau rabattu par les vents. C’est dur mais les jambes répondent mieux. Le dernier faux plats vers l’arrivée passe mal mais je tiens. Je regarde le chrono… 2h11… L’année passée, j’avais fait 2h08… Je ne sais pas pourquoi mais ça m’énerve d’être plus lent alors que j’ai une année d’entraînement en plus. La rationalité m’a déjà abandonné car en écrivant ces lignes il m’apparaît clairement qu’il s’agissait de ce qu’on appelle l’économie de course. 😉

A l’arrivée de la première boucle, je prends mon temps au ravito pour manger. Je prends un morceau de banane, un peu d’eau et du salé. Je repars et là, sur 500 m à peine, mes jambes retrouvent leur légèreté ! Le soleil est revenu et le parcours à travers bois fait un bien fou. S’ensuivent après les kilomètres les plus ennuyeux du Trail : près de 5 kilomètres à travers champs en faux plat montant et avec la traversée d’un zoning industriel.

En arrivant à Spy, Endomondo m’annonce le 29e kilomètres… Et là, est-ce le fameux mur du Marathonien ou simplement une fameuse baisse de régime mais plus rien ne répond. Je me force à tenir en courant mais rien. Je rattrape plusieurs coureurs et en abandonne d’autres. Celui que j’ai en ligne de mire se met à marcher et je dois dire que je suis forcé de faire pareil. Pendant près d’un kilomètre, nous marchons. J’aurais bien continuer comme ça encore un ou deux kilomètres… Il se remet à courir et je me dis que si je ne fais pas pareil je ne décollerai plus.

Heureusement pour mon moral, nous quittons rapidement le village pour replonger en forêt et c’est parti pour la plus belle partie du parcours. En effet, sur les 20 kilomètres restant, nous en passons près de 15 en forêt ! En Hesbaye namuroise, c’est EXCEPTIONNEL ! Malgré un mur d’une trentaine de mètres, cette portion dans les bois est assez roulante bien que plusieurs descentes techniques viennent apporter un peu de piment ! Nous longeons l’Orneau jusqu’à grimper sur les hauteurs d’Onoz. Et là, s’ensuit 4 kilomètres de bosses qui après 37 kilomètres cassent bien le rythme et les jambes avec :D. D’autant que les zones planes sont rabattues par les vents. Au kilomètres 42, je me dis en moi-même que je suis « Marathonien »  alors que je traverse le golf de Falnuée : magnifique domaine que je traverse en solitaire.

Mon iPhone et Endomondo m’abandonne au 44e kilomètres, chaque pas est douloureux mais je dois tenir. Je rattrape d’ailleurs plusieurs coureurs dans le village de Mazy qui n’ont – à mon avis – plus de jambes. Là encore, le village est bien pentu mais c’est sans compter sur une longue grimpette à travers bois dont j’ignorais l’existence et qui nous ramène tout doucement vers Bossière et l’arrivée. Dans la côte, j’abandonne encore 2 coureurs et je continue mon petit bonhomme de chemin. Je débouche dans une partie du bois qu’on a déjà emprunté avec la première boucle mais qui au lieu de nous ramener directement dans le village redescend le long d’un bois pour nous faire encore avalé une dernière côte. Au dessus de cette dernière, je sais qu’il ne me reste que quelques hectomètres. Je ne m’arrête pas au traditionnel Péket non pas par phobie du chrono mais parce que j’ai un mauvais souvenir de cette association Péket-Course à pied :D.

Après un dernier sentier, on débouche dans la rue principale du village qui remonte en faux plat jusqu’au terrain de foot et l’arrivée. Je me fais applaudir par des coureurs qui ont déjà finis. J’avoue… Je dois ravaler mon émotion. J’y suis arrivé ! Je finis au sprint comme à mon habitude et suis d’autant plus heureux que je suis en meilleur état physique et mental qu’à la fin du Trail de la Lesse.

Pour conclure

Cette course valide pour moi ma capacité à tenir la distance. Il faut cependant que je continue sur ma lancée car bien que longue, le Trail de l’Orneau reste bien loin des 4000m de D+ de la Traversée du Trail Verbiers-St-Bernard.

Comme l’année passée, l’organisation s’est surpassée pour offrir aux concurrents des conditions de courses parfaites : des ravitaillements bien fournis et en suffisance, un fléchage sans faille et une ambiance extra.

Et puis, il faut signaler également que l’organisation à tirer parti au maximum des des bois, sentiers et chemins de terre de la région pour offrir un vrai Trail. Bien sûr, ne nous voilons pas la face, il y a encore beaucoup de macadam par rapport à un Trail ardennais ou a fortiori alpin mais il ne s’en sort vraiment pas mal compte tenu de la réalité géographique de la Hesbaye.

Classement

59/94 en 5h50,20 à un rythme de 7min/km et une vitesse moyenne de 8,56km/h

Trail de l'Orneau

 

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