Trail de l’Orneau 2015 : Jamais deux sans trois…

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C’est la troisième fois que je m’aligne sur le Trail de l’Orneau. Ce trail représente beaucoup pour moi puisqu’il y a 3 ans, j’y courais ma première course et il y a deux ans mon premier 50 bornes. Cette année, l’organisation m’a littéralement bluffée. Tracé sur mes premières terres d’entraînement, le parcours a réussi à me dépayser littéralement. Retour sur un Trail qui a atteint la maturité…

Ce Trail a toujours représenté beaucoup pour moi. En effet, il y a trois ans lors de la première édition, je m’alignais sur la petite distance. C’était ma première compétition en course à pied. J’avais choisi ce trail car il se déroulait sur mes terres d’entraînement. Ce fut aussi LA découverte. Car oui, j’aimais la course à pied mais le Trail a pris le dessus depuis cette date. Autant le dire, c’est une course dont je me souviendrai toute ma vie. L’année suivante dans l’optique de préparer Bouillon, je décidais de m’aligner sur la grande distance de 48km.

Mort au macadam

Pour le parcours, entre la première et la seconde édition, une grosse portion d’un chemin de terre avait malheureusement été macadamisée ajoutant encore pas mal de bitumes à un parcours qui en comportait déjà beaucoup. C’est inévitable en Hesbaye namuroise, majoritairement constituée de grandes étendues de terres cultivées rythmées par de petits bois. Le traçage d’un parcours entièrement off road relève malheureusement de l’impossible.

Cependant à l’impossible, nul n’est tenu ! En photographe lors de l’édition 2014, j’avais déjà remarqué quelques changements dans le parcours dont l’ajout de quelques passages exclusifs. Aligné sur le 30 kilomètres, j’ai littéralement été soufflé par le parcours. MA-GNI-FI-QUE. Je n’exagérerais pas en disant que c’est un Trail de l’Orneau 2015 nouvelle formule qui nous a été proposé. Le parcours a été modifié afin de n’extraire que le meilleur de la région.

Le premier a en faire les frais – pour notre plus grand plaisir – est le macadam, réduit à la portion congrue. Et c’est tant mieux ! Comme je le disais, le parcours m’a véritablement dépaysé. Chaque sentier, chaque chemin, chaque propriété privée a été exploitée dans ses moindres détails afin d’offrir un Trail comme on les aime. Single tracks, chemin de campagnes, forêts, ruisseaux, cordes, murs, tous les ingrédients des trails belges se retrouvent réunis pour notre plus grand plaisir. Dans cette configuration de parcours, il ne manque pas grand chose pour que ce Trail devienne un incontournable du namurois.

La course

Arrivé sur la ligne de départ 20 minutes avant le départ, je retrouve T4gnon et Tom avec qui je ferai tout le parcours. On traîne un peu avant de rejoindre la ligne de départ. C’est un tort. 900 personnes attendent déjà le départ commun des deux distances (19 et 33). On se retrouve relayé aux arrières postes mais on arrive à se faufiler jusqu’au premier tiers. C’est mieux que rien. Le départ est donné, on tente tant bien que mal de se faufiler entre les coureurs. C’est pas évident pourtant le premier kilomètres se fait sur la route du village. Heureusement, les deux distances se séparent rapidement et les sentiers deviennent davantage clairsemés.

Trail de l'Orneau 2015

Trail de l'Orneau 2015

Thomas, parti sur le 19 bornes, décide de m’accompagner sur le 33 avec moi. Il n’a plus couru depuis 2 mois mais c’est une machine. J’avais même peur qu’il me lâche :D. On fera finalement toute la course ensemble à discuter, à refaire le monde et à se marrer ! J’avoue que c’est la première fois que je fais une course entière en duo. Parler en courant est un exercice en soi mais qu’est ce qu’on se marre. Trois heures à déblatérer des conneries, ça vous change un traileur… enfin pas tant que ça :D.

Le 33 kilomètres est, en réalité, constitué d’une boucle de 12 km avant de rejoindre le parcours du 19 km. Après avoir abandonné les coureurs du petit parcours, nous nous dirigeons vers Mazy pour un tour presque complet du célèbre Golf de Falnuée. Avant de surfer sur son relief gondolé, nous parcourons de magnifiques chemins au milieu des champs qui le surplombent. Toute cette partie est assez roulante et nous ne sommes pas encore trop handicapés par la boue. Même s’il n’y a pas de grosses difficultés sur cette boucle, le cardio est haut, beaucoup trop haut. Mais bon, depuis l’OCC, je cours en pur dilettante et ne tiens aucun plan d’entraînement. Je n’ai plus d’objectif cette année hormis me faire plaisir. Malheureusement, ça ne suffit pas toujours…

Après avoir retraversé le village de Mazy et gravi un petit mur (où des cordes nous attendaient), nous revenons sur le parcours du 19 kilomètres. Le dénominateur commun de l’ensemble de cette boucle est la boue. On en a mangé à tous les râteliers. Le passage de près de 550 coureurs de la petite distance associées aux pluies de la nuit ont rendu l’ensemble du parcours extrêmement glissant et piègeux.

Paradoxalement, c’est d’avantage cette boucle qui m’a étonnée au niveau du parcours. Ce dernier part dans une zone davantage cultivée et où la possibilité de trouver des chemins intéressants est encore plus difficile. Or, après quelques centaines de mètres de route, nous la quitterons définitivement jusqu’à l’arrivée.

Trail de l'Orneau 2015

Trail de l'Orneau 2015 Trail de l'Orneau 2015

Quoi de mieux pour entamer ce parcours off road qu’un passage au milieu d’une prairie bien pentue ? Après quoi, chemins de campagne, prairies et single tracks bien rythmés nous amènent progressivement vers les bois de la propriété du Château de Corroy-le-Château, l’un des plus beaux exemples de château fort médiéval à vocation défensive d’Europe. Après avoir repris des forces au ravito, on les perd directement dans une prairie marécageuse qui nous amène dans les magnifiques bois aux teintes dorées que l’on ne quittera que pour retrouver une zone spongieuse, véritable transition avant de retrouver d’autres bois, ceux de la Large-Eau, après une montée sèche vers le hameau de Ferooz.

On est à 23e kilomètres. Je commence à avoir dur. Le cardio est toujours bien haut perché et Thomas commence à avoir mal à sa cheville. Il est temps que cela se termine. Pourtant, cette partie est magique. On ne quitte presque jamais ces bois d’or. On s’attendrait presque à entendre au loin la douce mélodie médiévale d’une flute irlandaise. Nous voilà transportés en terre de magie et de légendes et ce n’est pas ce long passage de près de 4 bornes dans des bois privés qui contredira ce point.

Dans le dernier faux plat montant avant de redescendre sur l’autre versant de la vallée synonyme de retour et d’arrivée, Thomas se chope des crampes aux quadri. Personnellement, c’est le mollet gauche qui commence à être dangereusement tendu. Heureusement, la longue descente en faux plat nous conduit assez rapidement à la dernière difficulté du jour : une belle côte à travers champs. Elle fait mal et ce n’est pas le petit verre de vodka gembloutoise qui nous aidera à la franchir plus vite, malheureusement :D. Qu’à cela ne tienne, on discute toujours. Qu’importe le résultat, notre sortie a de toute façon ressemblé à un conciliabule ambulant ;). La ligne droite est devant nous et nous franchissons la ligne d’arrivée en 3h25.

Trail de l'Orneau 2015

En conclusion : la maturité

Je tiens à remercier toute l’équipe du Trail de l’Orneau. En quatre ans, vous avez su faire de ce Trail un incontournable. A force de vous battre pour promouvoir la beauté de cette région, vous avez réussi à obtenir les autorisations nécessaires afin de passer dans de magnifiques propriétés privées et faire de ce Trail une magnifique escapade campagnarde et forestière.

Bref, le Trail de l’Orneau, c’est comme l’Orval, c’est bon la première année mais c’est encore meilleur après 2-3 ans de maturation en cave ;). D’ailleurs, pour les amateurs, sachez que vous n’en manquerez jamais à l’arrivée du Trail et ça aussi, c’est preuve de bon goût.

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