Aurores boréales en Norvège, Suède et Finlande : le meilleur endroit est le tien !

S’il y a bien un phénomène naturel qui attise autant de curiosité que d’interrogations, ce sont les aurores boréales. Provoquées par la rencontre par la rencontre entre des vents solaires et la haute atmosphère, elles dessinent dans le ciel des draperies mouvantes aux couleurs vertes, roses ou encore rouges. Dans cet article, je ne donnerai pas de “spots. Je vous propose donc autre chose : comprendre comment et pourquoi les observer. Je vous partagerai mon expérience et mes conseils pour trouver votre meilleur endroit.


Les aurores boréales, entre légendes et science

Les légendes autour des aurores boréales

Les aurores boréales fascinent les hommes depuis des millénaires. Les anciens peuples scandinaves les ont associées à des manifestations divines, faute d’explications scientifiques. Ainsi, dans la mythologie nordique, les soldats morts au combat étaient conviés au Valhalla pour festoyer éternellement auprès d’Odin. Ces légendes assimilent alors les aurores boréales tantôt au reflet des armures des Valkyries, ces femmes guerrières qui accompagnaient les morts au Valhalla, tantôt à Bifröst, le pont reliant Midgard (monde des hommes) à Ásgard (monde des dieux).

Pour les Sámi, le peuple autochtone de la Laponie, les aurores boréales étaient de mauvais augures. Ils voyaient dans ce flamboiement nocturne la manifestation des âmes des morts. Il était alors courant que les Sámis restent dans leurs lavvu (tipi) afin d’éviter de provoquer, par inadvertance, les morts et risquer des représailles. Enfin, chez les Finlandais, les aurores boréales sont appelées “revontulet”, signifiant littéralement “renards de feu”. La légende raconte qu’elles sont formées par un renard polaire magique qui, dans sa course effrénée, balaie la neige de sa queue envoyant des flocons dans le ciel illuminés par la lune.

Voile luminescent révélant les légendes du Nord dans un flamboiement nocturne

Aurores boréales sur Kvaløya près de Tromsø

Que dit la science au sujet des aurores boréales ?

Au-delà de ces histoires légendaires et mythologiques, que nous dit la science à leur sujet ? Le phénomène résulte de la réaction de particules solaires avec la magnétosphère de la Terre et provoque un orage magnétique. Le Soleil connaît ce que l’on appelle des éruptions solaires. Durant ces sursauts, il émet des particules (électrons, protons et ions positifs) en grand nombre qui excitent les atomes de l’ionosphère. Les atomes ionisés de l’atmosphère changent alors d’état, libérant ainsi un photon. En fonction de l’intensité solaire, différentes couches de l’atmosphère peuvent réagir et s’ioniser.

Ces différentes couches de l’atmosphère se constituent de gaz distincts (oxygène, hydrogène, azote,…). Ceci explique que l’ionisation libère des photons de nature différente. Globalement, l’oxygène atomique offre les couleurs vertes et rouges. C’est ainsi que le vert apparaît entre 100 et 200 km, le rouge au delà de 200 km. Les couleurs bleues apparaissent par ionisation de l’azote autour des 100-120 km. Ces dernières ne sont possibles qu’en cas de fortes éruptions solaires puisqu’il faut que les particules solaires pénètrent davantage l’atmosphère. La force des éruptions est d’ailleurs traduite dans un indice (Kp) permettant d’anticiper le moment et la puissance de ces dernières.

Bien que peu compliqué à comprendre, ce phénomène résultant dela réaction des vents solaires avec notre atmosphère révèle une poésie que l’explication scientifique ne vient pas contraindre. Les aurores boréales restent fascinantes qu’importe leur compréhension.

Aurores boréales sur Kvaløya près de Tromsø

Aurores boréales : partage d’expériences

Mes conseils pour observer les aurores boréales

Les lieux sont accessoires, la compréhension du phénomène est capitale

Depuis 10 ans, j’ai la chance de voyager régulièrement en Scandinavie du Nord. j’y ai observé des nombreuses aurores boréales dans ces régions. Sur la base de cette expérience, j’ai fait le choix de pas vous livrer des lieux précis mais de vous offrir des clés de compréhension et de l’inspiration pour observer le phénomène. Cela vous permettra de vivre l’expérience de la meilleure manière qui soit en dégottant vos propres lieux d’observation.

Tout d’abord, il est important de rappeler que le phénomène est quasi permanent, y compris en journée. Leur invisibilité tient moins de leur absence que des conditions d’observation. Ainsi, l’été avec son soleil de minuit rend impossible l’observation. Pour être observées, les aurores boréales nécessitent une obscurité suffisante pour que leur “faible” luminosité devienne perceptible à nos yeux. Dès lors, Il est donc tout à fait possible de les observer au printemps et à l’automne. Ces deux saisons offrent d’ailleurs souvent de meilleures conditions d’observation. Ensuite, les applications de prévisions des aurores sont fiables mais pas intangibles. J’ai pu voir des aurores boréales magnifiques malgré un indice KP bas, malgré la lune et même malgré les nuages. À contrario, j’ai de grosses déceptions lors de nuit claire, sans lune, et avec un indice KP élevé. Pour le dire autrement, si vous voulez en voir, sortez encore, encore et encore (sauf si le ciel est complètement bouché).

Briser des croyances

De manière générale, je voulais aussi démonter deux croyances souvent partagées. Premièrement, dû à la nuit polaire, l’hiver est clairement propice à l’observation des aurores boréales. Pourtant, j’ai fait mes plus belles observations à l’automne et au printemps. En réalité, dès que le jour polaire est fini et qu’il y a de la nuit noire, le phénomène peut s’observer. Deuxièmement, je lis régulièrement que, pour observer les aurores boréales, il faut regarder vers le Nord durant l’hiver. Alors théoriquement, c’est exact. En effet, le spectacle est d’autant plus observable et qualitatif que l’on est au Nord.

Cependant, lorsqu’on est au Nord du cercle polaire, ce conseil devient caduque. En effet, l’observation devient aisée pour peu qu’il y ait un indice Kp (à partir de 3, parfois moins), un ciel dégagé et idéalement sans lune (globalement). Pourtant, les plus belles observations que j’ai pu faire étaient en regardant vers l’Est ou l’Ouest. En effet, les aurores boréales se structurent en arcs le long des latitudes géomagnétiques, sous l’effet des courants électrojets auroraux, et sont généralement orientées selon un axe Est-Ouest. Lorsque l’ovale auroral passe au-dessus de votre latitude, c’est en regardant dans un axe Est-Ouest, et non Nord-Sud, que vous aurez le plus beau spectacle. Comme la Norvège est majoritairement constitué de montagne, il convient donc de trouver des fjords et vallées orientées dans cet axe pour les observer à leur optimum.

Aurores boréales près d'Ivalojoki

1. Tromsø et sa région en Norvège du Nord

Située à 69°40′ de latitude Nord, Tromsø est réputée pour l’observation des aurores boréales. En effet, la ville dispose de nombreux avantages comme sa longue nuit polaire, sa relativement faible pollution lumineuse et un climat côtier relativement clément. De plus, avec ses nombreuses activités comme la randonnée en raquette, l’alpinisme, le chien de traîneau ou encore le trail en été, cela en fait une destination complète pour les amoureux de nature et de sport. Néanmoins, c’est sur l’île de Kvaløya au Nord de Tromsø que j’ai contempler mes plus belles aurores boréales dans la région. Cette île dispose de nombreux fjords. Ils sont orientés tant Nord-Sud que Est-Ouest. Les premiers sont parfaits en situation de faible activité solaire. Les seconds sont indiqués avec un indice Kp élevé. De l’autre côté de la ville, les contreforts du Tromsdalstinden offrent un point de vue unique sur la ville (Fjellheisen).

Ersfjordbotn est un petit village qui a la particularité d’être à cheval sur deux fjord,s l’un Nord-Sud et l’autre Est-Ouest. Ces derniers assurent ainsi une observation quasi systématique.

De manière générale, l’ensemble de la région permet d’excellentes conditions d’observation. Il suffit de trouver un endroit sans pollution lumineuse. Et puis, quel plaisir d’avoir trouvé “ses propres spots”, vous ne trouvez pas ? Si vous n’avez pas envie de vous prendre la tête, de nombreuses compagnies proposent des safaris aux aurores boréales. Le prix est aujourd’hui devenu exorbitant. Je vous conseille sincèrement de tenter l’expérience par vous-mêmes. Cependant, s’il y a bien une aventure au moins une fois dans sa vie, c’est le combo chien de traîneau et nuit sous les aurores boréales. Je vous conseille de passer par mon ami Quentin, un belge installé depuis 9 ans là haut si cette expérience vous intéresse.

Aurores boréales sur Kvaløya près de Tromsø
Aurores boréales sur Kvaløya près de Tromsø
Aurores boréales sur Kvaløya près de Tromsø

2. Abisko et sa région en Laponie suédoise

Abisko, c’est le point de départ du célèbre Kungsleden. Comme vous le savez peut-être, j’ai eu la chance de barouder dans le secteur à deux reprises ces dernières années. La première était lors de mon expédition rando et packraft sur la rivière Kaïtum, la seconde lors de ma traversée en ski pulka lors du King’s trail de Travelbase. À chaque fois, j’ai pu observer des aurores boréales. Ici, l’observation est précieuse car le long du Kungsleden ou de la rivière Kaïtum, vous êtes littéralement au milieu de nulle part. Comme il n’y a pas de réseau, vous ne pouvez rien prédire. Elles deviennent alors des spectacles impromptus, et c’est sans doute cela qui les rend si merveilleuses.

Je me souviens de ce soir de septembre 2021. La journée avait été éreintante et excessivement longue. En effet, nous avions enchaîné les 20 derniers kilomètres sur le Kungsleden et 20 km sur la rivière Kaïtum. La nuit tombait lorsque nous avons enfin trouvé un lieu où dormir, puis Gaëtan est tombé à l’eau. La température était négative et il était important qu’il se sèche au plus vite, plus de peur que de mal heureusement. Puis, alors qu’enfin nous pouvions profiter de notre repas chaud, le ciel s’est timidement paré de vert entre les nuages. C’était tout bonnement magique. La seconde fois, c’était en mars 2025 en ski pulka. Le soir du premier jour, alors que nous prenions un sauna au refuge et lors de notre arrivée à Nikkaluokta, le ciel s’est animé de ces draperies évanescentes.

Les aurores boréales étaient puissantes, extrêmement vives et elles dansaient au dessus de nos têtes. Le froid glacial nous torturait. Elles étaient notre seul salut.

Aurores boréales le long de la Kaïtum

3. Les Vesterålen en Norvège du Nord

J’ai découvert les Vesterålen sur le tard. Obnubilé par les Lofoten, par Senja ou la région de Tromsø, je n’ai découvert ces îles qu’à la fin 2025. J’ai rapidement constaté que c’était une erreur. Moins grandiloquentes que les régions voisines, elles renferment pourtant un résumé des paysages norvégiens : fjords acérés, vallées profondes, une faune à nulle autre pareille (pygargue à queue blanche, baleines, élans, rennes, renards,…), les cultures vikings et samí… À mes yeux, les Vesterålen sont un condensé de la Norvège.

Disposant de fjords et vallées plus évasées et moins encaissées que les Lofoten, l’observation des aurores boréales en est facilitée. De plus, comme ces îles sont peu peuplées et ne disposent que de peu de centres urbains, la pollution lumineuse y est quasi absente. Cela offre un spectacle accessible depuis la route mais sans les désagréments des zones densément habitées. Les quelques images ci-dessous viennent du même point de vue sur l’île de Langøya. Contrairement à la majorité des images de cet article, elles n’ont pas été prises au milieu de nulle part mais à côté de l’hôtel où je séjournais en novembre 2025.

Dans les Vesterålen, je me suis senti tour à tour, montagnard, marin, forestier et très certainement rêveur… J’y reviendrai !

Aurores boréales dans les Vesterålen
Aurores boréales dans les Vesterålen
Aurores boréales dans les Vesterålen

4. Ivalo en Laponie finlandaise

En 2019, je partais avec Valentin et Vincent pour ma première expédition : traverser l’Hammastunturi et descendre l’Ivalojoki en packraft. C’était la première fois que j’évoluais dans une zone totalement sauvage, sans chemin, sans balise et uniquement à la carte et à la boussole. Pourtant malgré l’aspect sauvage de cette expédition, nous n’avons vu aucune aurore boréale. Il faut dire que nous n’avons pas été gâtés par la météo. Le ciel était généralement couvert avec des précipitations régulières.

Du coup, une fois de retour à Ivalo, nous avons eu vent d’une nuit claire et potentiellement propice aux aurores boréales. Alors, nous avons pris la direction d’un lac et avons décidé d’y passer la nuit. Nous avons planté nos tentes et allumé un feu. Alors que nous passions la soirée à nous remémorer l’aventure que nous venions de vivre, j’ai aperçu une infime lueur dans le ciel. Celle-ci s’est alors intensifiée pour nous offrir un spectacle éblouissant. Pendant près d’une heure, les cieux ont dansé devant nous en un opéra silencieux. Puis, comme un artiste anonyme, les aurores ont disparu plongeant à nouveau la nuit dans l’obscurité.

Il est vertigineux d’imaginer qu’entre ces aurores boréales et vous, il y a l’alchimie d’un vent solaire et de l’atmosphère terrestre. Ce n’est que “ça” et c’est “tout ça” à la fois !

Aurores boréales près de Ivalo en Laponie finlandaise
Aurores boréales près de Ivalo en Laponie finlandaise
Aurores boréales près de Ivalo en Laponie finlandaise

5. Les Lofoten en Norvège du Nord

Il y a bientôt 10 ans, je découvrais les Lofoten et, à travers elles, la Norvège. Ce fut un coup de foudre. Dans ces îles, j’y ai vu un paysage miroir. Des crêtes acérées, une météo impétueuse et des montagnes plus techniques les unes que les autres, tout ce que j’aime. Mon caractère, mon âme, ma soif d’aventure y trouvaient de quoi y satisfaire leurs rêves les plus fous. Alors quand fin 2025, je reviens pour quelques jours dans ces îles – une première depuis 2018, cela prend directement la tournure d’un pèlerinage. Et quelle meilleure célébration que d’y observer mes premières aurores boréales dans ces îles, n’est-ce pas ?

Et quand, le soleil se fait avaler par l’horizon, la lumière se transforme en Ragnarök. Tout s’embrase, les sommets deviennent les candélabres de la fin du jour. Puis, l’obscurité transforme le paysage en théâtre pour la plus belle danse : celle des Aurores boréales. Le ciel s’illuminera tous les soirs de mon trop court séjour. Y voir un signe n’est pas une vaine illusion. J’entraperçois et ressens dans mes tripes que ce voyage me transformera, encore ! Je n’en connais pas le dessein mais il est le point de départ, de quelque chose.

Il y a toujours eu une conséquence à un voyage dans les Lofoten. Hugin et Munin, les corbeaux d’Odin, seuls savent ! Il est temps de lever les amarres vers ce futur. Embrasser l’inconnu et, peut-être la mort, car elle est là, à chaque tournant, mais le jour triomphe toujours de la nuit. Ce ne sont pas les Aurores qui diront le contraire.

Mes conseils photos pour les aurores boréales

Pour finir cet article, je voulais vous donner quelques conseils pour prendre ce phénomène en photo. Volontairement, je vais rester succinct et rappeler les grands principes. Dès lors, ce qui suit ne concerne que les appareils possédant un mode manuel ou semi-manuel. En effet, votre smartphone est conçu pour vous éviter les “prises de tête” que je vais expliquer. Au préalable, je rappelle qu’il est évidemment capital d’avoir un trépied. En effet, les aurores nécessitent des poses longues pour être capturées. Bon et la technique alors ? Allons-y ! Vous me suivez ? Pour capturer des images d’aurores boréales, cela se joue sur trois axes : la mise au point et le combo ouverture-vitesse-sensibilité.

Tout d’abord, je commencerai par la mise au point. C’est, à mes yeux l’élément central. En effet, les aurores étant par nature floues à cause de leur mouvement et de la pose longue, il est essentiel que l’horizon soit net. Je conseille de le faire manuellement et de surexposer afin de pouvoir distinguer l’horizon ou mieux une source éclairée. Ensuite, pour le combo ouverture-vitesse-sensibilité, je vous conseille de ne pas monter à plus de 3200 (appareils plus anciens ou d’entrée de gamme) et 4500 ISO pour les appareils pro. Au de-là, cela bruite et vos images se dégradent. Pour la vitesse, cela dépendra de la puissance des aurores mais je déconseille de dépasser les 6-7 secondes de pose car, au delà, je trouve que l’on commence à “tricher” un peu sur le rendu perçu de l’intensité. Enfin, pour l’ouverture, vous lirez partout que l’idéal est d’ouvrir au maximum. Je ne suis pas totalement d’accord. Personnellement, je monte souvent jusque 4.5 voire 5.6. Cela permet d’accroître un peu la profondeur de champ.

Les plus belles photos d’aurores boréales sont celles qui respectent le phénomène sans l’exagérer. Dès lors, j’évite de dépasser les 6-7 secondes de poses, je choisis une balance des blancs reproduisant les couleurs que je vois et j’évite de monter en ISO. Bref, les meilleures photos sont celles que l’on ne doit pas ou peu retoucher en post-production.

Aurores boréales près de Tromsø
Julien
Julienhttps://www.sentiersduphoenix.be
Je m'appelle Julien, j'ai 36 ans. Je suis passionné d'aventures, de nature et de sports outdoor. Mon blog "Sentiers du Phoenix" est un peu comme mon feu de camps permanent autour duquel je te partage toute ma passion pour l’Aventure, le Trail et la vie en pleine nature. On part ensemble à l'aventure ?

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