Écosse : Dans la brume des Highlands

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Le vent souffle dans la plaine, la pluie tire un rideau sur le paysage, l’horizon fier maintient les montagnes acérées à la vue du visiteur. L’Écosse est un théâtre permanent, un drame mystérieux dans lequel il semble toujours que le fond du problème vient des querelles ancestrales ou de l’écho des légendes. Venez, je vous emmène à la découverte des Highlands, de l’île de Skye et du Glen Coe…


 

‘Chuir iad gach cath le buaidh,

‘Us bhuannaich iad cliù gach teugbhail.

‘Us mairidh an iomradh ‘s an dàn

Air chuimhn’ aig na baird an déigh so.

Ils ont vaincu sur chaque champ,

Et gagnèrent la gloire dans chaque bataille.

Et leurs noms fleuriront dans le chant

Commémoré dorénavant par les bardes.

– Anonyme, Briathran Fhinn Ri Oscar

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Sommaire


L’Écosse, marcher dans la légende

Après avoir visité les Lofoten, la Suède, les Féroé, il ne me restait plus que l’Islande et l’Écosse à explorer dans ces contrées du Nord. Mon choix s’est porté sur l’antique Calédonie. Cette région « derrière le Mur » (d’Hadrien et puis d’Antonin) a toujours été considérée comme une terre de désolation faite « de montagnes sauvages et arides, ou de plaines désertes et marécageuses, sans murailles, ni villes, ni terres labourées » (Dion Cassius, Histoire Romaine, livre 76, chapitre 12.)

Terre de légendes et de folklore, parsemée de châteaux romantiques et de vallées menaçantes, l’Écosse est un pays paré de l’immensité grandiose des épopées de William Wallace ou Rob Roy. Au sommet des montagnes, on s’attendrait presque à entendre les éclats et les heurts des armées combattant dans la vallée.

Lorsque dans le lointain, les montagnes émergent de la brume comme autant de châteaux hantés, le silence s’abat dans la vallée et l’on peut presque percevoir l’écho des cornemuses de jadis…

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Aussi contrastée que sa météo, l’Écosse offre aux visiteurs un panel d’ombres et de lumières porté par l’impétuosité des éléments. Les bulletins météorologiques tiennent plus de la cartomancie que de la science. Aussi frustrant que cela ne puisse paraître, cela vous force à faire de l’imprévu votre quotidien. Ne partez pas en Écosse avec un plan défini de votre séjour, vous risquez d’avancer de déception en déception.

Je pourrais écrire encore et encore sur la turbulence de la météo. Pourtant, exacerbant le vert des collines, la noirceur des montagnes et la densité de l’océan, les intempéries calédoniennes offrent des ambiances sorties tout droit des contes et légendes les plus fantastiques. Dans ce jeux de nuances et de contrastes, l’Écosse est un tableau perpétuel qui offre aux esthètes la violence de ses coups de pinceaux.

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Et dans la tempête et le bruit

La clarté reparaît grandie…

– Victor Hugo, Ruy Blas

Les Highlands, ces hautes terres, sont comme le visage des hommes qui la peuplent : buriné par la hardiesse du vent et le ressac de l’océan… En Écosse, l’hostilité des paysages contraste totalement avec la chaleur des pubs où la musique et la bière coulent à flots jusqu’aux petites heures tandis que la pluie, par mimétisme, fait pareil sur la lande solitaire.

Car il est une chose que le mauvais temps n’enlèvera jamais aux écossais, c’est leur bonne humeur. Comme pour contrer le mauvais sort météorologique, l’humour, la bonne humeur et l’entraide deviennent de sacrosaintes valeurs ; encore plus lorsqu’elles sont partagées autour d’un bon whisky tourbé et iodé, concentré écossais en bouteille.

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L’écho des Highlands

Ces Highlands d’Écosse sont une sorte de monde sauvage, rempli de rochers, de cavernes, de bois, de lacs, de rivières, de montagnes si élevées que les ailes du diable lui-même seraient fatiguées s’il voulait voler jusqu’ en haut.

– Sir Walter Scott, Rob Roy

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J’ai choisi dans ce voyage de me concentrer sur deux zones des Highlands qui me tenaient particulièrement à coeur. La première, l’île de Skye, forme la transition insulaire avec mes précédents voyages. Venteuse et tempétueuse au plus fort de l’été, l’île des brumes n’aura pas manquer à sa réputation en offrant des conditions impétueuses mais riches de ses nuances.

La seconde, le Glen Coe est un concentré des montagnes les plus hautes et les plus techniques de Grande Bretagne. Arêtes effilées et aériennes, panoramas à 360° et autant de sentiers que d’aventures, les montagnes écossaises sont tantôt grandioses, tantôt dangereuses. C’est finalement ce qui en fait leur charme.

Et l’Écosse est tellement riche qu’entre ces deux zones particulièrement explorées, elle m’a offert lacs, châteaux et magie tout au long du chemin. C’est d’ailleurs son « problème ». On ne peut s’empêcher de s’arrêter tous les kilomètres car le pays nous offre à chaque tournant de nouvelles perspectives d’exploration !

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L’île de Skye, l’île des brumes

L’écosse, ce théâtre dont la pluie est le rideau !

Les embruns, le vent et la pluie, ou une sombre combinaison a constitué le filigrane de mon séjour sur Skye. Celle-ci n’aura d’ailleurs jamais aussi bien porté son nom d’Île des brumes. Affrontant en permanence les éléments, évoluer sur Skye vous prend aux tripes au propre comme au figuré. Giflé par les ondées, frappé par les rafales et mis à terre par les roches humides, randonner sur Skye peut devenir une petite aventure.

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Quiraing

Traversant des paysages aussi étonnants qu’impressionnants depuis mon arrivée en Écosse, je me rends directement dans le nord de l’île vers la péninsule du Trotternish. Cette partie abrite l’un des paysages les plus étonnants qu’il m’ait été donné de voir : le Quiraing. Formé par un glissement de terrain qui a complètement sculpté ses abords, ce paysage vous plonge instantanément dans un monde fantastique presque surnaturel.

Le vent scande de son mugissement les pensées vagabondes.

Sur le plateau monotone et grandiose, on ne s’attend pas à découvrir, par de là les falaises, un paysage aussi épique ! L’immensité fait écho à notre esprit. On ferme les yeux et nos pieds peuvent presque ressentir le martèlement des sabots de la cavalerie du Rohan. Suis-je en terre du milieu ? Est-ce réel ? Qu’importe, la magie fonctionne et un frisson me parcourt l’échine…

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Où sont le cheval et le cavalier ?

Où est le cor qui sonnait ?

Ils sont passés comme la pluie sur les montagnes, comme un vent dans les prairies.

Les jours sont descendus à l’ouest derrière les collines, dans l’ombre.

Comment en est-on arrivé là ?

– Théoden dans le Seigneurs des Anneaux

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Un conseil quand vous arrivez sur place l’été, la première chose à faire est de fuir la horde de touristes. Il suffit généralement de s’aventurer de plus de 300 mètres sur le chemin. Lorsque cela ne suffit pas, la météo jouera plus que vraisemblablement en votre faveur. Ce fut mon cas. La pluie nettoie le tourisme de masse comme la boue sur la carrosserie de son autocar.

Je me suis retrouvé seul dans ce paysage quasi apocalyptique.

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N’ayez crainte de vous aventurer au de là vu col (visible sur la photo ci-dessus) car, derrière lui,  c’est un monde de solitude qui s’offre à vous. Restez sur le sentier, il vous permettra de faire le tour par le plateau sommital et de contempler l’immensité de la plaine. Ne faites surtout pas l’erreur de prendre le premier chemin montant à gauche. Bien que magnifique, il vous mènera dans un dédale de sentiers sans issue et vous conduira insidieusement vers une goulotte verticale. Le vent et la pluie s’y engouffraient avec une telle véhémence la descente fut très risquée. Les pierres humides et glissantes et l’agglomérat de gravillons instables m’ont donné plusieurs frayeurs !

Randonnée – Autour du Quiraing :

7km en boucle  3-4 heures  350 D+

Cette randonnée en boucle vous mènera au cœur du Quiraing à travers les formations rocheuses et surtout le sommet vous permettant de toiser toute la région.

Départ : Au sommet du petit col sur la route de Staffin à Uig

Parcours : Le sentier est bien marqué mais méfiez-vous des sentes verticales se dirigeant en droite ligne vers le plateau. Elles sont souvent en cul-de-sac et deviennent extrêmement dangereuse par mauvais temps ! Restez sur le sentier principal.

Infos supplémentaires & Parcours

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The Old Man of Storr

Le Vieil Homme du Storr est l’une des merveilles les plus courues de l’île de Skye. Facilement accessible, les hordes de touristes prennent très vite d’assaut le pauvre homme. Rapidement submergé, c’est une véritable fourmilière qui s’établit à ses pieds. Dès lors en juillet et août, si vous voulez profiter de l’ambiance quasi mystique du lieu, il convient de se lever aux aurores et de rapidement s’élever…

C’est ainsi qu’à 7h30, je suis le premier à entamer l’ascension vers ce gigantesque monolithe visible à des kilomètres à la ronde. L’ascension n’est vraiment pas difficile. Il faut compter 25-30 minutes pour atteindre le pied du monolithe mais avouons-le ce n’est pas de là qu’il est le plus impressionnant. Je vous conseille de marcher 10 minutes de plus pour arriver au premier point de vue et, pour les plus motivés, grimpez encore 50 mètres pour arriver à ce panorama :

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Même s’il s’agit d’un des « spots » les plus touristiques, ce lieu est tout à fait singulier. L’atmosphère qui y règne est pesante et inquiétante. Les monolithes sont comme une armée de morts protégeant la porte des enfers. Alors que je m’élève dans cet environnement ténébreux, les nuages descendent de la montagne et noient le Vieil homme et ses acolytes dans la brume. Des airs de Mordor planent au dessus de ces âmes damnées et menaçantes.

La brume drape le vieil homme d’une aura mortifère…

Randonnée – Contempler Old Storr :

5km A/R  1h30 A/R  400 D+

Cette petite randonnée vous emmènera au dessus de Old Man afin de pouvoir le contempler dans toute sa grandeur.

Départ : sur la route, il y a un petit parking sur l’A855 en venant de Portree. En été, vous ne pourrez le manquer avec les dizaines de voitures parquées le long de la route.

Parcours : le sentier est bien marqué tout du long. Si vous souhaitez prolonger après le premier « point de vue », il suffit de contourner la montagne et suivre le chemin jusqu’au plateau supérieur.

Infos supplémentaires & Parcours

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Cuillin Hills

Avant de quitter l’île, j’ai fait un détour par les Cuillin Hills. Ces montagnes avaient directement attiré mon attention lors de mon arrivée sur l’île. Émergeant de la terre pour culminer à plus de 900 mètres d’altitude, elles ne passent pas inaperçues et ce ne sont pas leur couleur noire qui atténuera ce sentiment.

Comme un sombre présage, les sommets des Cuillin Hills sont les noirs représentants des aventures possibles sur l’île…

Passant devant les célèbres Fairy Pools, je décide de continuer ma route pour éviter la foule. Lové au fond de la vallée et proche de la mer, le petit village de Glenbrittle abrite un camping à côté de la plage. Isolé, calme, il semble concentrer tous les alpinistes de l’île. En effet, ici point de touristes mais des randonneurs et des amoureux de la montagne prêts à affronter les sommets qui les dominent.

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À partir du camping, de multiples sentiers s’élèvent en direction des montagnes noires. J’ai repéré la possibilité de faire une boucle en passant par le Sgùrr Dearg (986m). Bien décidé à tester le célèbre scrambling écossais, cette boucle semble apporter une bonne introduction à la discipline, mixte de randonnée et d’escalade facile.

Après quelques dizaines de mètres de montées, la montagne offre déjà un premier cadeau. Une cascade émerge du sol pour se jeter dans un profond canyon. Le contraste entre cette fracture tellurique, et derrière, les montagnes sombres et ennuagées est absolument impressionnant.

Au pied de la montagne, une cicatrice rappelle le poids des éléments et la légèreté de l’être s’y mouvant…

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L’air autour de la montagne est sonore, pieux, légendaire, interdit. L’accès de la montagne est interdit. La montagne a bien sa place dans l’âme. Elle est l’horizon d’un quelque chose qui recule sans cesse. Elle donne la sensation de l’horizon éternel.

-Antonin Artaud, L’Ombilic des Limbes, 1925

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Le chemin est facilement identifiable. Serpentant le long d’une arête, cette randonnée prend vite la dimension aérienne que je recherchais. Pourtant, cette ascension caillouteuse est plus longue que véritablement dangereuse du moins avant d’arriver à des parois plus verticales, début des réjouissances.

Depuis le début de la randonnée, j’essayais d’apercevoir les sommets, en vain. Les nuages venant de l’océan les cachaient à ma vue. Pendant toute l’ascension, j’ai eu beau espérer à la vue d’un coin de ciel bleu, rien n’y fait. À 800 m d’altitude, je me retrouve devant un sentier beaucoup plus vertical et je suis perdu dans le nuages.

L’essence des montagnes écossaises se révèlent. À 800m d’altitude, les conditions se compliquent et imposent un engagement plus important.

Visibilité réduite, rocher humide et sentier presque invisible, il est capital d’avoir un minimum d’expérience en montagne. Je vous conseille d’ailleurs de ne jamais partir dans ces montagnes sans une carte ou un parcours intégré dans votre GPS. En effet, la proximité avec l’océan rend les conditions extrêmement changeantes. 

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La portion de scrambling nécessite une concentration maximale. Le chemin n’est pratiquement pas visible en temps normal alors imaginez  avec une visibilité quasi nulle… Si je n’avais pas eu la carte sous les yeux, je me serais plus que certainement égaré. En soi, ce n’est pas grave. Seulement voilà, le sentier frôle presque constamment un vide de plusieurs dizaines de mètres.

Les 200 dernières mètres d’ascension vers le sommet sont vraiment dangereux surtout par mauvais temps. Et, une fois au sommet, l’Inaccessible Pinacle, un éperon rocheux de 50m de haut vous toise et annonce le début des réjouissances. De fait, à peine avais-je atteint le sommet que les nuages décident de déverser une fine pluie ridicule si elle ne transformait pas chaque rocher en patinoire. C’est sans parler du vide qui vous accompagne à quelques mètres…

Là haut, seul dans les nuages, le chemin se perd en même temps que votre esprit cherchant le fil vous reliant à la vie…

Après ce passage, je pensais en avoir fini avec le danger. Pourtant, 300 mètres de dénivelés négatifs dans de la caillasse instable m’attendent. J’adore ça mais la météo impose la prudence. Avec mesure, j’accélère le pas, glisse et me laisse aller dans la pente… Après ce dernier obstacle, ce n’est que plaisir. Je quitte les nuages et le paysage s’offre entier à la contemplation. Il suffit de se laisser descendre jusqu’au niveau de la mer et en prendre plein les yeux.

Randonnée – Sgùrr Dearg (986m)

 12,5 km Boucle   5h-7h   1050 D+

Ascension du Sgùrr Dearg (986m), le parcours n’est pas difficile par beau temps malgré quelques passages aériens à proximité du sommet. Par contre, il peut devenir très dangereux par temps de pluie et de vent.

Départ : Depuis le petit village de Glenbrittle.

Parcours : Le sentier est bien marqué jusqu’à 200m sous le sommet. Là, il est nécessaire d’avoir une carte et/ou un GPS pour s’orienter. Passage extrêmement aérien.

DÉCONSEILLÉ AUX ENFANTS et AUX PERSONNES SUJETTES AU VERTIGE

Télécharger le parcours 

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Glen Coe, l’appel du vide

Quittant les brumes de l’île de Skye, je me dirige désormais vers la deuxième étape de mon périple calédonien : le Glen Coe. Cette célèbre vallée concentre elle-aussi aventuriers et alpinistes de tout bord. Cela n’étonne pas. Les possibilités sont énormes et si l’on ajoute les Glens alentours (Glen Nevis, Glen Etive, …) les possibilités deviennent presque infinies.

Ce terrain de jeu immense et grandiose impose le respect non seulement pour sa technicité mais aussi sa beauté insolente face à la tristesse des landes…

Ici aussi, comme dans les Cuillin Hills, la randonnée n’est jamais facile. Elle impose un niveau de difficulté que je n’avais plus rencontré depuis les Lofoten. Capitale du scrambling, il vient toujours un moment où il faut poser les mains, ravaler sa fierté et avancer. Les montagnes du Glen Coe, plus qu’ailleurs, sont traitresses dans leur apparente accessibilité.

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Sur le fil (Aonach Eagach)

J’avais entendu parler d’une arête acérée, aérienne et esthétique longeant le Glen Coe dans toute sa longueur. L’Aonach Eagach est l’une des arêtes les plus étroites et les plus impressionnantes de Grande Bretagne. Faisant partie du parcours de la Glen Coe Skyline, il ne m’en fallait pas plus pour vouloir la parcourir…

Entre ciel et terre, sur le fil, la beauté de la course à pied magnifiée par l’écho de la vallée…

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L’ascension menant à l’arête proprement dite dévoile au fur à mesure de l’ascension toutes les beautés de la vallée. Jouant avec la lumière solaire, les nuages créent un contraste encore plus saisissant sur les parois de la vallée. Cette vallée est vraiment éblouissante et « épique » ; je n’ai pas d’autres mots.

Tantôt grandioses, tantôt mystérieuses, les montagnes écossaises n’en restent pas moins capricieuses et parfois dangereuses. C’est ce qui en fait leur charme…

Plus on s’élève plus on prend conscience de son immensité et des possibilités ouvertes à tous les randonneurs et sky runners. Et arrivé au sommet, un vrai réseau de crêtes se dessine et avec lui les possibilités de parcourir ces montagnes se multiplient.  Là haut, rien ne semble spectaculaire, il n’y a que les idées de parcours dans ce milieu qui vous arrachent un frisson.

Randonnée – Aonach Eagach

9,5 km Aller simple  7h-8h   1100 D+

La traversée est extrêmement exposée. Certains courts passages ne permettent aucune erreur !!

Départ : Petit parking situé à gauche après Achtriochtan.

Parcours : Le sentier est bien marqué et disparaît parfois dans la roche. La prudence est de mise constamment !

DECONSEILLÉ AUX PERSONNES NON EXPERIMENTÉES

Infos supplémentaires & Parcours

 

 

 

Éffilé et spectaculaire, le sentier serpente sur une lame de rasoir… Arracheur de souffle !

 

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Audience avec le roi

Dans la région du Glen Coe, par de là les forêts et les montagnes, règne un roi à la couronne sylvestre. Tandis que les sommets s’agitent sous la fureur des éléments, le cerf, dans toute sa noblesse, reste paisible comme si son pouvoir était garanti par les forces de la terre elle-même.

En Écosse, l’homme est son serf ; il courbe l’échine dans l’espoir de contempler sa noble ramure.

ÉcossePour l’observer, il faut s’éloigner des routes, il faut quitter le chemin avec toute l’humilité de l’homme en quête de divin. Chercher à contempler le cerf revêt vite la forme d’une pérégrination mystique. Toute la symbolique de cet animal magnifique s’impose rapidement à travers champs et forêts.

Et puis, il surgit sans crier gare. Il apparaît tel une vaine croyance perdu dans l’écho de la vallée.

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Sur la route de Poudlard

L’Écosse, à côté de ses îles tempétueuses et ses montagnes escarpées, est aussi le lieu supposé de la plus célèbre école de sorcellerie : Poudlard. Quelque part dans la lande, les tours du mythique château s’élanceraient vers le ciel tandis que les douves baignent dans le sol tourbeux et sombre de l’Écosse.

Et même si ces lieux sont nés de l’imagination de J.K. Rowling, on se rend vite à l’évidence que les territoires calédoniens ont été une source d’imagination infinie pour l’auteure. En effet, en parcourant ces terres de désolation, ces montagnes impétueuses et l’histoire millénaire qui y plane, on se plaît à y voir créatures fantastiques, châteaux et autres fanges hantées…

Glenfinnan

Je vous avoue que je n’ai pas trouvé Poudlard. Sans doute était-il caché par la brume et le brouillard… Par contre, au détour d’une vallée, le célèbre viaduc de Glenfinnan apparaît. Ce pont n’est ni esthétique ni grandiose pourtant il ajoute à ce petit coin d’Écosse un je-ne-sais-quoi de magie. Et, lorsque dans le lointain le sifflet retentit, les frissons me parcourent l’échine. La locomotive s’ébroue dans une cacophonie mécanique.Le Poudlard Express apparaît en route vers la célèbre école.

Placée entre légende et réalité, ce train est le transport de nos rêves…

Envie de capturer cet instant arraché aux romans d’Harry Potter ? Je vous conseille de vous rendre le matin aux alentours de 10h45 sur les hauteurs du viaduc. Le train, de son vrai nom The Jacobite, y passe le matin dans un sens et l’après-midi dans l’autre. Vous tournant le dos au retour, il est préférable de vivre cette expérience le matin.

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Eilaan Donan

Finalement à côté de Poudlard, l’autre château le plus célèbre d’Écosse,Eilaan Donan, est tout simplement époustouflant. Ses pierres, bien réelles, n’ont rien à envier à celles, imaginaires, de l’école de sorcellerie. Nous y retrouvons la même emphase mythique. Le tableau est parfait : l’eau, la montagne et l’Histoire pour peindre et représenter au mieux la Calédonie légendaire.

Les pieds dans l’eau, ce bloc de pierre érigé sur une île convoque à la table des légendes les récits les plus épiques.

Vous l’aurez compris. Ce château m’a totalement séduit… Je vous conseille d’ailleurs de le découvrir très tôt le matin ou au coucher du soleil. Les touristes sont partis depuis longtemps et vous êtes libres d’y déambuler. Comme un concentré de Walter Scott, chaque pierre, chaque tourelle réveille en vous le souvenir des multiples histoires écossaises.

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Mystères infinis

Comme vous avez pu vous en rendre compte tout au long de ce carnet de voyage. L’Écosse possède un pouvoir légendaire extraordinaire. Chaque vallée, chaque forêt, chaque vestige du passé réveille le goût des épopées de jadis et la magie des contes qui y règnent. C’est pourquoi, je voulais terminer avec un caléidoscope d’images afin de vous faire prendre conscience de la richesse et la diversité de l’antique Alba.

Qu’il est doux, dit la vieille ballade, d’errer parmi les bocages verts, dans les beaux jours de l’aimable mois de mai, quand les oiseaux voltigeant de branche en branche vous y invitent par leur sauvage mélodie.

-Harold l’indomptable de sir Walter Scott



Parcours



Bons plans

L’Écosse multiple

L’Écosse est grande et les possibilités de visiter ce territoire sont multiples. Qu’il soit sportif, bien être ou découverte, un voyage en Écosse a tout pour plaire. Entre Édimbourg, la « capitale » dynamique et d’un revivalisme médiéval passionnant, les îles qui offrent tant de diversités et de singularités en passant par les traditionnels Highlands, vous trouverez réellement de quoi assouvir vos envies d’aventures, de ressourcement et de dépaysement.

Éviter l’été

Cette diversité et cette richesse ne sont évidemment pas innocent face à l’engouement de la destination aujourd’hui. C’est la raison pour laquelle je vous conseille grandement de visiter l’Écosse en basse saison. Moi qui aime l’isolement et l’immensité vide, il m’a fallu ruser pour éviter la cohorte de touristes aux endroits « célèbres ». Autant les Highlands permettent de rapidement isoler autant l’île de Skye est surpeuplée en plein été. Je vous la déconseille fortement. Même si, comme d’habitude, il suffit de s’éloigner de quelques centaines de mètres pour se retrouver seul.

Équipement

C’est bien connu l’Écosse n’est pas le pays le plus chaud et le plus sec du monde. Et heureusement, c’est cela qui en fait son charme. Néanmoins, je vous conseille de prendre un équipement pour parer à toutes les météos même en plein été. Début août, j’ai eu des températures sous les 10° en montagne. Pour vous donner une idée, voici l’équipement dont je disposais :



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