Miel et running

5

Le miel et le running sont à la mode. De nombreuses entreprises de nutrition sportive, surfant sur la vague du bio, mettent le miel et ses dérivés en avant. Revenons sur ce miracle de la Nature et remettons la ruche au milieu du verger…

Un paradoxe

J’ai eu la chance de grandir avec des ruches durant mon enfance. Famille d’apiculteur depuis plusieurs générations, elle a possédé plusieurs ruches dans les années 80 avant de les voir décimées par un parasite, la varroa. Destin funeste pour cet insecte vital à nos biotopes, il est nécessaire aujourd’hui d’appréhender le problème avec le plus grand sérieux sans quoi nous nous dirigeons vers un véritable cataclysme écologique !

Paradoxalement, face à cette disparition alarmante, le miel et ses dérivés (gelée royale, propolis, …) n’ont jamais été autant mis en avant dans nos régimes alimentaires qu’ils soient sportifs ou non. De nombreuses entreprises de nutrition ont bien compris l’intérêt et surtout la richesse de cet aliment millénaire et proposent désormais de nombreux produits de nutrition sportives basées sur le miel et ses dérivés : gel, barre, cure, …

Bienfaits du miel

Le miel est un aliment miracle. Extrêmement riche, son utilisation et ses bienfaits dépassent la simple alternative aux sucres raffinés. En effet, bien que principalement composé de glucose et de fructose (et dans une moindre mesure d’autres types de sucre), ses propriétés sont multiples :

  • Prébiotique

Le miel est constitués de différentes formes de glucides (glucose, fructose, maltose, …). Une partie de ces différents types de glucides n’est pas assimilable par notre organisme et joue un rôle dans l’équilibre de notre flore intestinale.

  • Antioxydant

Le miel est riche en flavonoïdes. Ces derniers sont des pigments que l’on retrouve que l’on retrouve dans la pomme, le raisin, la spiruline, … Ces flavonoïdes jouent un rôle dans le ralentissement du vieillissement de nos cellules.

  • Anti-bactérien et anti-inflammatoire

Le miel possèdent également des vertus anti-bactériennes et anti-inflammatoires. Dans ce cadre, le type de miel aura bien évidemment un rôle non négligeable puisque, selon le type de plantes entrant majoritairement dans la composition, telle ou telle propriété sera plus développée. Ainsi, le miel de thym verra ces deux vertus décuplées grâce à la nature même de la plante.

Le miel ne rentre pas dans la composition des grogs et autres boissons contre le rhume pour rien. Il soigne rhumes, états grippales voire les bronchites grâce à ses capacités expectorante. Depuis l’Antiquité, le miel est utilisé dans de multiples remèdes anti-bactériens et anti-inflammatoires.

  • Cicatrisant

Grâce à ses propriétés antiseptiques, le miel peut être utilisé en onguent pour soigner brûlures, escares, plaies diverses.

Pour davantage d’informations sur les propriétés du miel, je vous renvoie vers les pages suivantes :

Miel et running

Comme vous vous en doutez, les propriétés du miel ne peuvent pas laisser indifférent le coureur à pied. Ses avantages sont multiples et tiennent surtout de la qualité des sucres qui le constituent ainsi que son caractère naturel. Le sportif consomme une grande quantité de boisson ou de gels constitués de sucres, certes étudiés à la pratique du sport mais souvent issus de l’industrie. Le miel, au contraire, est un sucre entièrement naturel.

On veillera également aux différents types de miel (miel monofloral vs toutes fleurs) car l’index glycémique peut varier du simple au double. Ce dernier varie suivant les différents taux de fructose et de glucose. Plus un miel sera riche en glucose, plus il aura un IG élevé. Dans l’étude « Miel et taux de glycémie » de la revue suisse d’apiculture, on peut retenir que le miel d’acacia (robinier) possède l’IG le plus faible (53). Ce miel est donc entre le sucre rapide et le sucre lent. A côté du miel d’acacia, on peut noter également le miel de bruyère/callune (IG = 53,3), chataîgner (IG=53,4) et tilleul (IG=55,9). Globalement, le miel « Toutes Fleurs » aura un grand IG que les miels monofloraux.

De part sa teneur en antioxydants mais surtout ses capacités de rétention du magnésium, il est un allié important contre les crampes et la dégradation musculaire en plus de fournir l’énergie nécessaire à un effort. Il est dès lors naturel de l’utiliser dans des préparations de nutrition sportive. Néanmoins, là encore, un miel n’est pas l’autre. En effet, en terme de minéraux et d’oligo-éléments, cela varie énormément de 0,1% pour le miel toutes fleurs à 0,5-1% pour le miel de châtaignier.

En ce qui concerne nos préparations maison à base de miel pour l’effort, on favorisera donc le miel de châtaignier possédant un IG un tout petit plus important que le miel d’Acacia mais bien plus riches en minéraux et oligo-éléments. Par contre, pourquoi ne pas favoriser le miel de thym afin de faciliter la récupération ?

Boisson d’effort à base de miel

Il devient ainsi l’ingrédient-clé d’une boisson isotonique bio et à faire chez soi :

  • 500ml d’eau
  • 1/2 citron
  • 1 à 3 cuillères de miel de châtaignier suivant la concentration désirée
  • 1 pincée de sel

Conclusion

Le miel est une délicatesse pour laquelle le coureur n’a absolument pas besoin de se priver. N’hésitez donc plus à remplacer vos sucres raffinés par du miel. En salade, dans vos céréales, vos yaourts, vos thés, le miel agrémentera votre quotidien tout en étant le garant d’une vie saine s’il est consommé avec modération.

Jouez avec les différents types de miel et amusez vous à dénicher leurs propriétés respectives afin de maximiser leur utilisation.

Evitez également de vous faire prendre au jeu du marketing et privilégiez les petits producteurs plutôt que des distributeurs qui se cacheront derrière les labels bios pour vous le vendre plus cher.

5 Commentaires

  1. Merci, très intéressant, je cherche justement à avoir une alimentation plus naturelle en course et à l’entraînement, à la condition que ça soit transportable (préparation de la boisson pendant la course), ce qui doit être le cas en conditionnant correctement le miel et le jus de citron qui ne tiennent pas beaucoup de place.

  2. Moi j’ai mon petit producteur … mon père.
    C’est con, mais ça ne m’avais pas sauté au yeux, pourquoi j’achète des gels alors qu’il y a mieux, moins cher et meilleur au goût. Vu mes problèmes de digestion au dernier marathon, les gels c’est finit.
    Bon vu l’emplacement des ruches, c’est miel de printemps (colza essentiellement … particulier mais pas mauvais) et toutes fleurs en avançant dans la saison.

  3. Merci pour ces precisions importante sur l’apiculture actuelle (Varroa). Enfin quelqu’un qui parle apiculture dans avoir la fleur au bec 😉
    Moi-meme apiculteur amateur et runner, je n’ai pas encore trouvé de moyen de faire mes gels maison avec mon propre miel. Des infos sur de ce coté ? Des tubes spécialisés/réutilisable ?

    • 17 niveau des tubes, je sais que Duotonic en commercialise pour ses produits mais rien n’interdit de les utiliser pour nos préparations à base de miel !

  4. Très interressant je faisais déjà cette boisson de l’effort mais je vais changer de miel pour la faire.
    J’utilise le miel de thym pour les brûlures, nécroses, cicatrisation. C’est à l’hôpitale, pour soigner une plaies ouverte nécrosée depuis 5 mois que l’on m’a indiqué ça. Un véritable miracle. Je l’utilise maintenant même sur mes ampoules pour cicatriser plus vite.

Laisser un commentaire