OHM Trail 2015 – 39,5km et 1965D+

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« The Hardest Trail of Belgium », c’est ainsi que les organisateurs vendent leur organisation et ils n’ont pas tort. Mais, la limiter à sa difficulté serait passer à côté de l’autre richesse de cette course : sa beauté ! Petit retour sur l’OHM Trail 2015 (35K) qui a bien fait chauffer les cuissots et nous en a mis plein les mirettes.

Je me suis inscrit à cette course au tout dernier moment et je ne le regrette absolument pas. Son profil convenait parfaitement au bloc d’entraînement « dénivelé » que le coach m’avait programmé. Le soleil et l’envie sont de la partie. Les jambes ont déjà avalés un entraînement de dénivelé mardi (20km et 1212D+) et une sortie vélo au dénivelé imprévu (60km et 900D+). Arrivé à Aywaille, je me demande vraiment comment elles vont réagir.

OHM Trail Dénivelé

Après avoir retiré le dossard et le t-shirt célébrant les 10 ans du Trail, je m’installe un peu au soleil avant le départ. Le temps est parfait. Le ciel est bleu et un petit vent évite aux températures de s’envoler. Même si je souffre, au moins, je le ferai avec une météo et des paysages magnifiques. Cette course m’attirait d’autant plus après le coup de foudre pour cette région vallonnée à la suite de ma balade dans la vallée du Ninglinspo en avril.

OHM Trail Parcours

Le départ est donné. Nous longeons l’Amblève sur un magnifique chemin de halage qu’il doit être bien agréable d’emprunter lors des promenades dominicales ^^. Mais vous vous doutez bien que les organisateurs n’allaient pas en user. On s’attaque déjà au 200 premiers mètres de dénivelé qui serpentent jusqu’au bien nommé lieu-dit « L’Alpage », un magnifique plateau au nord d’Aywaille partagé entre forêt et prairie. Les jambes sont là. Quel plaisir ! Je cours tout le long de la côte et dépasse déjà pas mal de monde. Le peloton est encore assez dense et suis obligé de marcher. Même si les jambes tournent bien, j’évite de me prendre au jeu et calme mes ardeurs sur le plateau et dans la descente nous ramenant dans le centre d’Aywaille.

Nous traversons rapidement le centre-ville d’Aywaille et, juste avant de remonter un des multiples contreforts entourant la ville, Fabian Magnée du Team Salomon nous acclame et nous supporte tous autant que nous sommes. Ça me booste pour les montagnes russes qui suivent. Mini col après mini col, j’arrive à maintenir le rythme. A aucun moment, je ne marche. Mon coach m’avait dit : « Essaye de pousser dans les côtes et contrôle sur le plat ». Je m’y applique ! La montre indique déjà 7km et près de 450 D+. On se retrouve sur un large plateau agricole sur les dessus de Remouchamps. Le soleil toque pas mal ! Heureusement, le parcours est majoritairement forestier car je pense que ça aurait été la fournaise.

Après un magnifique faux-plat montant à travers la forêt et qui n’est pas sans rappeler certains sentiers alpins, le premier ravitaillement est en vue. Vu la chaleur, je m’y arrête et mange deux morceaux de banane, bois deux grands verres d’eau et un verre de coca. Je perds quelques minutes sur le groupe de coureurs avec qui j’étais depuis 5 kilomètres mais je préfère assurer niveau alimentation.

OHM Trail

Le ravitaillement était idéalement placé juste avant une longue descente de 2 kilomètres. Ici aussi, il n’en faut pas beaucoup pour s’imaginer en montagne. Cette descente ressemble à un véritable petit col tout en nous permettant de récupérer un minimum. Mais, le parcours nous coupe le plaisir de cette douce descente en nous faisant bifurquer sur un beau sentier technique de 60 D+. C’est d’ailleurs le leitmotiv de ce Trail : quand vous commencez juste à récupérer, on vous ressert du dénivelé :D.

OHM Trail
Photographie d’Anaïs Maréchal

Après une descente alternant passages roulants et techniques, nous arrivons au village de Quarreux. Les guibolles ont déjà avalé 18 kilomètres et presque 1000 mètres de D+. Pourtant, elles ne sont pas au bout de leurs surprises car c’est 600 mètres de D+ qui nous attendent sur moins de 10 kilomètres et en seulement 3 côtes. Pour le lecteur français, cela peut paraître risible mais en Belgique, c’est juste EXCEPTIONNEL. La première prend le dénivelé de face et je suis étonné de voir que les jambes suivent plutôt bien à ce stade de la course. Je me retourne avant d’entamer la descente. Quel paysage ! On se croirait dans les Vosges ou en Auvergne pourtant l’air qui balaient ces vallées provient du fond de la majestueuse forêt d’Ardenne.

La montée et la descente suivante ne sont pas évidentes. Ce n’est pas tant la difficulté que le fait de retrouver le cœur du peloton des 20 km qui rend la progression difficile. Heureusement,nous sommes rapidement déviés sur une boucle spécifique qui nous fait encore gravir des mètres et des mètres d’ascension verticale. Le sentier est escarpé et bien rocailleux. Il est assez difficile de progresser en courant mais le paysage et la météo sont juste éblouissants et on se laisse rapidement à rêvasser ;).

Point de vue "Druet"
Point de vue « Druet »

Et comme cadeau à cette ascension, le second ravitaillement est juste épique par sa situation. Imaginez un point de vue perdu au milieu des bois dominant le vallon du Ninglinspo.  Vous apercevez au loin vos prédécesseurs à flanc de colline, la forêt couvre le paysage à 360°, le soleil irradie de beautés un panoramique épargné de toute présence humaine. Ces quelques instants, perdus dans mes pensées au milieu d’une course et devant un paysage aussi magnifique fondent les raisons pour lesquelles je cours des kilomètres et des kilomètres chaque semaine. Oui, on souffre, oui, on se fait du mal, oui, on fait des sacrifices mais ils ne sont pas vains face à de telles beautés !!

Et la magnificence du lieu ne s’arrête pas là car, après la magnifique descente technique aperçue dans le lointain, on parcours une grosse partie du vallon du Ninglinspo que j’avais eu l’occasion de découvrir quelques mois auparavant. Quel plaisir de fouler à nouveau ce vallon caché et splendide, j’avais à ce moment-là un petit coup de moins bien mais face à une telle beauté et une telle technicité. La douleur s’efface rapidement.

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Après un passage dans les sapinières du plateau situées au dessus du vallon, le parcours nous fait plonger sur le village de Noncèveux. A ce niveau de la course, j’ai déjà parcouru 30 kilomètres. Les côtes se font plus difficiles à avaler mais, en veillant à bien m’hydrater, j’arrive à les passer en trottinant tant bien que mal. Je rattrape d’ailleurs beaucoup de monde dans cette partie. Je m’en étonne car, d’habitude, je suis toujours dans ceux dont les cannes lâches après 25 bornes ^^. Aurais-je trouver enfin mon protocole alimentaire? Cela en a tout l’air car je n’ai eu aucun problème gastrique, aucune grosse baisse de régime, bref c’est une course parfaite à ce niveau-là.

OHM Trail
Photographie d’Anaïs Maréchal

Arrivé à Remouchamps, la montre indique 34 kilomètres. Il ne reste pratiquement plus rien et normalement c’est tout plat. Enfin, c’est ce que je pensais !!!! En effet, l’organisation nous a rallongé le parcours de près de 5 bornes. Ce n’est donc pas 2 mais près de 6 bornes qu’il me reste à parcourir et 200 de dénivelé ! J’avoue qu’en étant en mode 35 bornes, j’ai complètement relâché la concentration. Le reste de mon énergie s’est envolée dans les premières côtes de cette boucle. La foulée était beaucoup plus rasante, moins assurée. Je mettais un pied devant l’autre mais cette partie à jouer au chat et à la souris avec l’autoroute ne m’a pas transcendé à cause de la fatigue.

Photo Louis Marechal 2

Après avoir longé l’Amblève pendant un bon kilomètre, nous avions droit à un passage à gué on ne peut plus rafraichissant ! Quel plaisir après 5h de course de se rafraichir de la sorte, j’aurais aimé y resté pour m’y baigner mais mon esprit voulait en finir avec le chrono ! Je finis donc les 39,5km en 5h08 à une très honorable 61e (/209) place et en cumulant 1965 mètres de dénivelé positif que j’aurai parcouru sans devoir décrocher les bâtons du sac.

Désolé pour ce compte-rendu plus long qu’à l’accoutumée mais cette course m’a fait un bien fou. Certes, j’en ai chié les 6 derniers kilomètres mais ça c’est accessoire. Il en ressort que j’ai réussi à maintenir un excellent rythme en côte. C’est une première pour moi. Grâce à mon coach, j’ai pu délimiter mon nouveau seuil de douleur en course.

En effet, le mardi précédent, il m’avait prévu une grosse séance de fractionnés longs en côte (4km d’échauffement +10x(900m et 130D+) + recup en descente). En cumulant ainsi 1212 D+ sur 20 kilomètres, ces séries monotones propres au fractionné m’ont poussé à bout. Cela faisant longtemps que je n’avais plus vu les étoiles en entraînement. Comme quoi connaître ses limites mais surtout les repousser, vous permet d’être meilleur jour après jour.

Cette course m’a aussi permis de valider un nouveau protocole d’alimentation. La nutrition avait souvent été à la base de problèmes sur mes dernières courses (notamment la Bouillonnante). Finalement, c’est la première course depuis longtemps qui se passe sans aucun accros de bout en bout. Comme quoi, l’entraînement et la persévérance finissent toujours par payer !!

À très vite sur les sentiers !

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