Hoka One One Speedgoat : Born to fly…

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Les Hoka One one Speedgoat déchaînent les passions depuis quelques mois. La marque française, aux parts de marché grandissantes, auraient-elles trouver la quintessence de la chaussure de Trail avec les Speedgoat? Serait-elle la chaussure ultime alliant dynamisme, amorti, accroche et confort ? La réponse avec ce test.

Fiche technique

– Chaussant Speedframe : sans couture afin d’éviter les échauffements et surtout extrêmement aéré.

– Semelle Vibram incurvée et rainurée : la semelle en EVA moulé mesurant 33mm au niveau du talon et 28 sur l’avant-pied. Rainurée pour permettre un meilleur déroulé du pied.

– Drop de 5mm : similaire à ce que l’on peut trouver sur une chaussure d‘inspiration minimaliste.

– Poids : 275g (en pointure 42 2/3).

Hoka One One Speedgoat

Prise en main

Les Hoka One One Speedgoat sont mes premières Hoka. Je peux dire que j’ai été de surprises en surprises avec ces chaussures. Lorsque j’ai sorti les chaussures de leur boite, j’ai été frappé par leur légèreté. J’ai souvent lu que c’était l’une des étonnantes caractéristiques des Hoka mais à ce point-là, je ne l’imaginais pas. Pour le gabarit des chaussures et de la semelle, c’est vraiment bluffant de légèreté. Malgré leur imposante constitution, elles ne font que 35g de plus que les Sense !

Un autre élément frappant est la souplesse de ces Speedgoat. La semelle n’est pas rigide, comme on pourrait l’imaginer à la vue de son épaisseur, et se plie extrêmement facilement. Malgré son épaisseur et l’ajout de la semelle Vibram, elle semble pas perdre en dynamisme. Bref, cela semble de très très bonne augure pour une attaque médio-pied.

Hoka One One Speedgoat

Le mesh est souple et résistant. En effet, la texture du chaussant est extrêmement intéressante. Premièrement, la respirabilité de la chaussure est maximisée avec des zones plus aérées que d’autres. Cette répartition est faite intelligemment afin de minimiser le risque de rentrée d’eau dans la chaussure. La fusion du mesh avec des zones imperméables (par définition plus résistance) est justement placée aux zones de tensions (lacets) mais aussi au niveau du talon et de la base du pied afin de rigidifier un minimum le chaussant. A ces renforts, il faut ajouter le pare-pierre souple à la pointe du pied.

Une semelle de propreté « Ortholite » de 3 mm habille l’intérieur de la chaussure. Fini les deux semelles (2mm et 4mm) fournies avec la chaussure, il faut faire avec cette seule et unique semelle de 3mm. Il s’agit plus que vraisemblablement d’un compromis de la marque qui peut s’avérer malheureux comme je vous l’expliquerai ci-dessous.

Enfin, la semelle Vibram est impressionnante. Je sais que c’est un problème des Hoka One One actuellement. Beaucoup d’utilisateurs pointent une semelle qui s’abîme relativement facilement. Ici, la marque a fait appel à Vibram pour concevoir la semelle extérieure. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cela respire l’accroche ! Cette succession de crampons de 4mm de haut sont étudiés pour accrochés la pente et y rester collé !

Hoka One One Speedgoat

Au pied

D’entrée de jeu, je dois vous avouer qu’il m’aura fallu près de 80km pour m’y faire. Ces chaussures ne ressemblent à rien de ce j’ai pu tester. De nombreuses sorties ont donc été nécessaires avant de vraiment la cerner. En effet, ma première sortie avec les Speedgoat aux pieds, j’ai complètement halluciné par leur efficacité : dynamisme, accroche, amorti… Tout y est pour en faire la chaussure parfaite pour le Trail.

Par contre, les sorties suivantes vont modérer un peu cette enthousiasme quasi hallucinatoire. J’ai presque l’impression d’avoir une autre chaussure aux pieds : peu de dynamisme dans les côtes, le pied qui vagabonde dans la chaussure, peu de précision sur les sentiers techniques. Je déchante. Voilà pourquoi, j’ai continué encore et encore les sorties avec les Hoka aux pieds afin d’affiner ces deux impressions opposées. Au final, après 120 km (à l’heure où j’écris ces lignes) avec les Hoka aux pieds, je peux avancer les quelques considérations suivantes.

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Semelle intérieure et pointure

Les Speedgoat chaussent vraiment bizarre. Je vous conseille de vraiment bien essayer les pointures en dessous et au dessus de ce que vous portez habituellement afin de faire le bon choix. En effet, en parcourant le net, je remarque que je ne suis pas le seul à avoir des soucis avec le choix de la pointure des Speedgoat. En effet, de nombreux habitués de Hoka ont dû prendre 1/2 pointure au-dessus par rapport au reste de la gamme. Pour ma part, j’ai du essayé deux paires 47 et 46 2/3 et ce sont ces dernières qui étaient bonnes pour moi soit la même pointure qu’en Salomon.

Hoka One One Speedgoat

La semelle intérieure a eu tendance à me blesser les pieds au début. Heureusement, il a suffit que la chaussure se fasse pour que les problèmes disparaissent. Par contre, je reste convaincu que Hoka aurait mieux fait de continuer à fournir les semelles de 2 et 4mm comme pour les autres chaussures de la marque au lieu de fournir une seule et unique semelle de 3mm. Cela permettrait à ceux qui ont des problèmes de pointures de pouvoir jouer avec ces quelques millimètres de différence afin d’avoir le chaussant parfait au pied.

Une chaussure pour le long…

Comme je l’ai écrit plus haut au niveau du dynamisme, lors de mes sorties, j’ai eu l’impression contraire à mon premier sentiment. En fait, leur amorti est tellement important qu’en tant que coureur extra léger, je perds tout dynamisme dans les côtes. Dès que le relief s’élève, j’ai l’impression de courir dans la boue. Mon pied s’enfonce dans la chaussure et j’ai toute les peines du monde à décoller.

Par contre, dès que le sentier redevient légèrement ondulant. C’est une bombe. On vole. Je n’ai d’ailleurs jamais couru avec autant de rythme sur les portions roulantes. La semelle vous envoie en l’air comme un ressort. Bref, la sensation strictement opposée que celle qui me frappe dans les côtes. Je ne parle même pas des descentes où vous pouvez oublier toutes mes recommandations pour courir en foulée naturelle en descente. Avec les Speedgoat, vous pouvez attaquer la descente talon en avant et grandes enjambées. L’amorti est tel que vous planez.

Hoka One One Speedgoat

Quand je reviens à mes impressions post-OCC, je me dis que les Speedgoat sont les chaussures parfaites pour ce type de course. Elles vous poussent sur le plat et vous fait planer dans les descentes. Lors de l’OCC, ce sont justement sur ces portions que j’ai clairement peiner. Les côtes me direz-vous? Soyons clair, en montagne et à mon niveau, vous marchez sur la plupart d’entre-elles et les Speedgoat font leur job. La semelle courbée vous aide d’ailleurs à rentabiliser votre marche. Ces qualités indéniables peuvent bien permettre quelques étranges sensations lors des rares côtes que je cours en montagne. Vous ne trouvez pas ?

…Pas trop technique

L’autre aspect qui m’a rapidement déplu est le léger manque d’encadrement du chaussant. Je tiens à préciser que j’ai des pieds très très fins. Mais moi qui suis habitué au chaussant des Salomon S-Lab Sense, j’ai rapidement déchanté face à un petit manque de précision. J’ai l’impression que le pied voyage dans la chaussure dès que le chemin devient technique. Les pierriers, les racines et les single tracks ultra cassant ne sont clairement pas la tasse de thé des Speedgoat. Par contre, cette souplesse du chaussant est une plus-value pour la longue distance où votre pied pourra respirer plus facilement sans être contraint par un fit trop précis.

A cela, il faut rajouter la hauteur de la semelle qui rend les dévers assez difficile à aborder. Il faut rester constamment aux aguets pour ne pas se croquer la cheville. C’est évidemment inhérent au caractère oversize de la chaussure.

Hoka One One Speedgoat

Mais encore une fois, j’ai du mal à critiquer la chaussure car justement ces aspects seront rapidement oubliés sur les longues distances. A moins de faire la Barkley ou du Skyrunning, les passages ultra techniques ne sont pas non plus permanents. Il suffira donc de ralentir un peu l’allure de faire attention où l’on met les pieds et de remettre les gaz une fois la difficulté passée.

D’autant plus que la hauteur de la semelle, vous isole complètement de la nature du sol. Le confort est donc constant quel que soit la nature du terrain. Si on revient encore à mon expérience sur l’OCC, les Sense ont montré aussi leurs limites sur la fin de course. Avec la fatigue, je ressentais chaque anfractuosité à travers la chaussure. Ici, point de problème. On reste sur un coussin du début à la fin.

Pas peur de la boue !

Sans oublier la semelle Vibram, les crampons qui équipent ces Speedgoat sont tout simplement EXTRAORDINAIRES ! Quelle accroche ! Elles valent bien les Fellcross et j’oserais même dire qu’elles les surpassent. D’autant plus que contrairement à bon nombre de chaussures à gros crampons, cela n’est pas handicapant sur les parties de route ou les chemins. Sur la route, vous avez la même impression que quand vous roulez avec votre VTT 29 pouce, ça fait du boucan mais en aucun cas cela ne porte préjudice à votre foulée. Et ça, CHAPEAU.

Hoka One One Speedgoat Hoka One One Speedgoat

Les défauts de ses qualités

Pour conclure ce test tout en nuance, je dirais que les Hoka One One Speedgoat possèdent les défauts de ses qualités. Son confort et son amorti exceptionnels rendent les chaussures parfaites pour le long voir le très long. Dans ce type de course, elles vous garderont d’une fatigue inutile en vous isolant du terrain que vous parcourez. Par contre, le manque de précision du fit et la hauteur de la semelle vous rendra méfiants lors des passages ultra techniques.

De la même manière, leur manque de dynamisme relatif en côte est contrebalancé par un dynamisme exceptionnel sur les relances et dans les descentes. Au final, lorsque j’analyse mes données de courses, je remarque que les bénéfices de cette chaussure restent supérieurs aux quelques défauts que je lui ai attribués.

Par contre, s’il y a un domaine pour lequel, la chaussure est tout simplement la perfection incarnée, c’est le grip. Qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige, elles vous emmèneront partout qu’importe si le terrain est boueux, enneigé, détrempé….

Je n’ai pas peur de vous confier qu’elles remplaceront mes Salomon S-Lab Sense sur par mal de courses.

TRAKKS

8 Commentaires

  1. Bonjour Phoenix, il est clair que hoka progresse je suis passé de la 1er génération a la dernière Challenger xtr une belle évolution, et j’ai porte mon choix sur ce modèle car moins radicale que la speedG et tout aussi polyvalente. Il est évident que le choix de la pointure peut être déroutant et qu’un 42 me demande de porter un 44 taille us10. Le laçage est
    précis et la foulée extra.

  2. Inspiration minimaliste ? Le drop (tout de même 5mm) ne fait pas le minimalisme ! 3,3 cm de semelle, amorti dingue au point de pouvoir aborder les descentes talons en avant : c’est l’exact inverse d’un minimalisme bien compris…

  3. Personnellement j’ ai changé la semelle interne et les lacets ronds pour des plats qui ne glisse pas et me permette de mieux tenir ma cheville !
    après je suis d ‘accord avec toi attention a la taille… !

  4. Merci Phoenix, pour ce retour, justement je suis en plein questionnement pour me racheter des trails. J’ai des Sauçons (je suis contente, mais peut être un manque d’accroche). Et j’avais moyen envie de passer chez Hoka (avis négatifs du podologue et kine), j’ai aussi un pied fin, j’ai besoin de faire attention à ma cheville surtout dans les relances de virage…. ton article me réconforte je crois que je vais aller chez Salomon, j’ai bien noté aussi pour ta S-Lab Sensé.

    Merci à toi et bon week end

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