Gérer une fin de compétition sans jus !

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Il nous est déjà tous arriver de finir une course au mental parce que plus de jus, d’énergie, de guiboles, de jambes… Bref, plus rien ! Pourtant, il faut continuer, mettre un pied devant l’autre et avancer. J’aimerais vous faire part de mes petits trucs pour continuer alors que tous les signaux nous indiquent de nous arrêter ! Gérer une fin de compétition sans jus ? C’est par ici !

Le départ est lancé. Les jambes sont là, le cardio aussi, les kilomètres défilent et votre plaisir est à son paroxysme. Il ne reste déjà plus que 10 kilomètre sur les 40 à parcourir et tout d’un coup, c’est la panne sèche. Les jambes ne répondent plus, le cardio s’emballe et les kilomètres semblent figés. Il n’y a plus de plaisir pourtant il faut finir la course. Techniquement, vous avez consommé tout votre glycogène et sans sucre plus moyen de rien utiliser, pas même l’énergie contenue dans les lipides.

C’est ce que les marathonien appelle le fameux mur du 30 kilomètres. Pourquoi trente? Pour une personne entraînée moyennement, c’est plus ou moins le kilométrage nécessaire pour consommer l’ensemble du glycogène musculaire autrement dit de vos réserves glucidiques. Autant vous dire que quand vous courez 40, 50, 60 et plus. Il est préférable de développer ses réserves de glycogène ainsi que d’optimiser l’utilisation des lipides. Pour ce faire, un entraînement et une diététique suffisante sont nécessaires afin de faire reculer les limites de notre corps.

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Mais que faire quand, malheureusement, vous vous frappez violemment à l’effet d’un mur quelque soit la distance écoulée? En premier lieu, il est évidemment nécessaire de fournir au corps du sucre et de l’eau. On s’attachera à boire régulièrement sa boisson isotonique et à manger régulièrement jusqu’à la ligne d’arrivée.

Cependant, c’est souvent trop tard pour permettre de retrouver un état de forme. La fatigue, l’épuisement des réserves sont souvent bien trop avancées et malgré l’apport nouveau en sucre, il faudra composer avec cette souffrance jusqu’à l’arrivée. Dans cette situation où le corps dit stop, vous ne pouvez compter que sur votre mental !

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Voici, ce à quoi je pense quand je suis dans cette situation et qu’il me reste 5, 10 ou 15 kilomètres à parcourir.Le leitmotiv est de penser à tout sauf à la difficulté et/ou souffrance que vous subissez :

  • Regardez le paysage. Surprenez vous à contempler chaque panorama quand c’est possible. Bref, concentrez votre esprit sur ce qui vous entoure.
  • Ecoutez de la musique. C’est le moment, c’est l’instant. Si vous n’êtes pas contre l’écoute de musique en pleine nature, mettez votre album préféré et concentrez vous sur chaque note, chaque refrain. Chantez dans votre tête vos chansons fétiches etc etc. Encore une fois, il s’agit de focaliser l’attention sur autre chose que sur son corps.
  • Mettez vous des objectifs intermédiaires : « Il faut que j’arrive au prochain ravitaillement, au dessus de la prochaine côte, à la fin du bois… ». Dès que l’objectif est atteint, refixez en un nouveau et ainsi de suite jusqu’à l’arrivée. Sur ce point, les ravitaillements sont de véritables bouffées d’enthousiasme. Vous côtoyez à nouveau la civilisation, vous mangez et cela fait du bien au corps et à l’esprit.
  • « Think positive ! » Pensez à ce que vous ferez une fois la ligne d’arrivée franchie, à la bière que vous pourrez savourer, à la pizza que vous pourrez manger. De manière plus générale, pensez à des souvenirs heureux ou à vos projets en cours !
  • Réfléchissez. Tout simplement, prenez cette période de souffrance intense afin de relativiser et de répondre à vos questions existentielles. C’est peut être une des choses qui fonctionnent le mieux. Vous aurez au moins gagner sur ces quelques kilomètres de souffrance le prix de plusieurs consultations chez le psy :D.
  • Discutez avec vos compagnons d’infortunes. Le meilleur moyen pour réduire ces longs kilomètres de souffrance est de parler avec le coureur qui est à côté de vous. Le Trail, plus qu’une course, est surtout un lieu de rencontre et de partage qui vous fera oublier votre état déliquescent ^^.
  • Tous les moyens sont bons tant que vous continuez à mettre un pied devant l’autre et que vous franchissez cette satanée ligne d’arrivée.

Une fois cette dernière franchie, vous vous direz sans doute : « Plus jamais ça »… Pourtant 5 minutes après, vous penserez déjà à votre prochain objectif. C’est ça, la magie de la course à pied.

N’hésitez pas à partager vos trucs et astuces en commentaire.

Commentaires

7 Commentaires

  1. Salut Julien,

    J’en ajouterai un autre que tu n’as pas mentionné, mais dont, je suis sûr, tu fais usage. La préparation mentale d’avant course.
    je m’explique… quand tu pars sur 40 km ou plus, tu sais que tu vas avoir des moment de « moins bien » (ou alors c’est que tu es vraiment fort, que tu ne te donnes pas assez par rapport à tes capacités ou que tu es inconscient!). Le savoir, c’est déjà se préparer à les affronter. Si tu pars en te disant que l’abandon est inconcevable, ça te retire une idée insidieuse de la tête au 30e km. L’abandon n’est pas une option, il faut donc continuer et faire du mieux possible.
    On est d’accord que, pour que ça fonctionne, il faut être correctement entrainé et ne pas être victime d’une blessure, mais je pense que l’anticipation mentale pour aborder la fin de course ‘sans jus » est primordiale.

  2. Salut Julien,
    Pour moi un truc assez simple est de se dire  » pense au trajet déjà parcouru, ne laisse pas ces derniers km tout gâcher  »
    c’est ici une astuce de  » performance  » mais elle marche 😉

  3. rhooo ! ça me rappelle le trail du hérou 2016 : premier grand trail pour moi…après 30km, j’étais cuit et mon partenaire lui, retrouvait des jambes….j’ai terminé seul dans les bois et la pénombre après 6h40 d’efforts…
    je me suis à penser, à réfléchir sur ma présence sur ce type d’épreuves sportives…..

    « plus jamais ça ! » me suis je dit en franchissant la ligne d’arrivée….et depuis, j’en redemande !

    super approche, super blog, ton état d’esprit est excellent !

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