TEST : Salomon S-Lab Sense (END Update: 13/12/13)

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Des chaussures qui s’apprivoisent…

Après des soucis de tendinites dus à des chaussures contrôlant la pronation, je voulais me tourner vers des chaussures universelles d’abord et minimalistes ensuite. J’ai eu l’opportunité d’obtenir les bêtes, les chaussures conçues par et pour Kilian Jornet. Alors autant replacer l’église au milieu du village, non, je ne les ai pas achetées parce que c’étaient LES chaussures de Kilian mais OUI, je les ai prises parce que je cherchais une chaussure à tendance minimaliste mais qui avait malgré tout le minimum syndical concernant la protection du pied.

Je courais déjà forefoot (avant du pied) mais malgré cela, ce sont des chaussures qui demande une sacrée adaptation et les premiers kilomètres resteront gravés dans vos mollets pendant un certain temps. C’est une chaussure sans concession qui demande souplesse et douceur dans la pose du pied car ce n’est pas elle qui vous l’apportera. Comme toute chaussure avec un drop réduit, vous aurez besoin de plusieurs semaines ou mois afin de vous habituer à cette nouvelle manière de courir et vous aurez surtout besoin d’être progressif !

Une fois apprivoisée, des chaussons…

Une fois que votre foulée est réglée et que vos mollets (et vos abdos) se sont habitués à être un peu plus sollicités, ces chaussures – je n’irai pas jusqu’à dire que ce sont les bottes de 7 lieues – sont de véritables chaussons. Elles se font littéralement oublier avec un poids de 210g en pointure 43. Outre leur poids, c’est surtout leur dynamisme qui est extraordinaire. On a l’impression de courir pieds nus. La réactivité est sans pareil et cela s’accentue avec une conception réellement orientée forefoot : la semelle de la Sense n’est d’ailleurs pas plate mais courbe pour suivre la forme du pieds en position forefoot.

Sur le terrain ces chaussures excellent clairement dans les parties techniques avec dénivelés mais aussi dans les descentes. La chaussure épouse parfaitement la forme du pied, aucune gêne et offre une impression de légèreté mais surtout de précision. Autant le dire tout de suite, ces chaussures n’offrent aucun intérêt quand on court en plaine. A croire qu’elles n’aiment pas le plat. Par contre, testées sur un jogging de 10 km, leur dynamisme apporte un plus indéniable une fois que la vitesse augmente par contre attention (encore une fois) au faible amorti.

De part leur légèreté et leur agressivité, ces chaussures sont résolument orientées vers des coureurs légers aux pieds fins. Je dirais qu’il ne faut pas excéder les 75 kilos pour en profiter. L’amorti n’est quand même pas gigantesque et nécessite une pose du pied réellement légère et économe sans quoi, on va vers la blessure assurée.

Des bémols ?

Ces chaussures sont extrêmement bien conçues mais on regrettera leur durée de vie limitée. Maintenant, je tiens à préciser que contrairement à ce que bien des internautes ont pu écrire sur le sujet, elles ne sont pas mortes après 200 km. J’en suis à 400 km et elles tiennent toujours le coup. Le climat tempéré et peu abrasif de notre pas-si-plat pays joue clairement en leur faveur. Après deux sorties dans les Alpes, j’ai plus abîmé mes Sense qu’en 5 mois en Belgique.

J’aurais apprécié une toe-box un peu plus grande. Mon pied droit étant légèrement plus large, mon gros orteil a tendance à souffrir un peu après 20 bornes et 1000 m de D+. Maintenant, un peu de Tape avant le départ arrange vite le problème.

UPDATE (26/11/13) :

Enfin, le grip est loin d’être parfait par tous les temps. Une fois qu’il y a un peu de boue, ça part vite en patinette. Et contrairement à l’équipe Salomon, il est difficile d’y coller une semelle de Fellcross.

Après avoir participé au Trail des Lumeçons qui était extrêmement boueux suite à une journée de pluie continue, je peux infirmé ce que j’avançais ci-dessus : les S-Lab Sense tiennent la route même dans la boue. Ce trail n’était que sous bois boueux avec pierres humides. Je n’ai absolument pas été gêné par la chaussure à aucun moment et ce malgré le dénivelé et les descentes techniques. Les chaussures répondaient parfaitement. Je mentirais si je disais que mes pieds n’avaient pas du tout glissé mais pas beaucoup plus que sur terrain sec. Cela peut paraître un peu fou ce que je raconte et il serait peut être important de modérer mon propos en disant que la course forefoot doit y être pour quelque chose (moins de contact avec le sol et une répartition du poids sur une zone limité a du augmenter l’accroche inévitablement) pourtant c’est la stricte vérité. Ces chaussures sont vraiment magiques et m’accompagneront sur les Pierres du Diable (30km et 1100 D+) le 27 décembre 2013.

Update 13/12/13

Voilà mes Salomon S-Lab Sense ont rendu l’âme hier après 600 km de bons et loyaux services ! Cela prouve qu’elles tiennent bien plus que les 200 bornes que certains ont tendance à avancer. Et ce n’est pas faute de les avoir maltraitées, elles ont connu la montagne, la boue, la forêt et la ROUTE.

Pour résumé, les Salomon S-Lab Sense sont de véritables chaussures de compétition adaptées à des coureurs légers courant sur l’avant du pied et ayant acquis une foulée dite « naturelle » (pas question d’une attaque talon) pour tout type de des Trails secs et avec du dénivelé car c’est là que la chaussure révèle tout son intérêt.

Commentaires

3 Commentaires

  1. BOnjour, Merci pour ton test. Combien de temps cela t’as pris et comment as-tu procédé pour le passage aux sense ?
    Merci bcp !!
    Je cours avec les XT wings et les sensé mantra.
    Olivier

    • La progressivité est le maître mot. Avant tout, il faut s’assurer d’avoir une bonne foulée médio-pied. Après il s’agit de courir petit à petit en alternance avec ses anciennes chaussures car ça va tirer dans les mollets. Encore une fois, progression, progression, progression. Ne pas bruler les étapes même si ça peut apparaître comme un retour en arrière dans sa pratique. C’est pour un mieux au final 😉

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