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    Bivouac à Trolltunga en hiver

    La randonnée à Trolltunga est sans doute la plus célèbre de Scandinavie. Avec ses 27km, elle nous emmène à une langue de pierre surplombant 800m de vide, aux portes de l’Hardangervidda. Cependant, lorsque je la réalise à l’été 2018, ce ne fut pas l’expérience que j’espérais : trop de monde, beaucoup trop de monde. Dès lors en mars 2022, je décide d’y retourner en plein hiver avec trois amis et d’y passer la nuit.. J’étais intimement convaincu que cette aventure serait inoubliable. Elle fut bien plus. que cela ! Vous venez ? Je vous embarque avec moi pour un bivouac à Trolltunga en hiver.


    Crépuscule à Trolltunga en hiver

    La Trolltunga, l’incontournable norvégien

    La Trolltunga est sans conteste l’un des lieux les plus visités de Norvège. L’été, il est fréquent de faire la file pour prendre la célèbre photo si “instagrammable”. Pourtant avec ses 27km et 1300m de D+, la randonnée est à l’image de la nature norvégienne : magnifique mais exigeante. J’avais déjà eu l’occasion de m’y rendre durant l’été 2018 et ce fut une déception. En effet, malgré un départ plus que matinal, je n’ai pu éviter la horde de touristes. Pour moi, il ne s’agissait pas simplement de prendre la photo et partir. Passionné de mythes scandinaves, la “Langue de Troll” est, à mes yeux, un moyen dapprocher au plus près de l’atmosphère légendaire scandinave. Dans cette perspective, la solitude et la contemplation silencieuse sont des éléments essentiels pour “ressentir” le lieu. Je vous avais d’ailleurs touché un mot de ma frustration dans l’article dédié à cette randonnée.

    Retourner à cette “langue de Troll”, c’était une seconde tentative de toucher à l’indicible sensation de voir prendre vie les légendes enfouies derrière l’horizon de ces paysages nordiques.

    Lorsqu’en mars 2020, je suis de retour dans la région des fjords norvégiens avec trois amis (Gaëtan, Fred et Sylvain). Nous décidons de vivre trois microaventures. La première est de passer une nuit dans une cabane au sommet d’un fjord. La seconde de traverser le Nærøyfjord en packraft. Enfin, pour terminer en beauté, nous décidons d’aller faire un bivouac à Trolltunga. Dans ma tête, je suis convaincu qu’avec une température annoncée de -15° celsius (et l’effet du vent) nous serions seul. Et ce fut le cas ! Ce paysage qui me fascine depuis tant d’années peut enfin reprendre sa juste place : un pourvoyeur de rêves et de nature absolue. J’espère que vous êtes aussi prêts que nous l’étions car je vous emmène avec moi pour un bivouac à la Trolltunga au coeur de l’hiver norvégien.

    Pour une lecture encore plus immersive de cet article, je te conseille d’écouter ceci :

    Randonnée et bivouac à trolltunga en hiver

    Bivouac à Trollunga en hiver

    Ascension vers les plateaux

    Arrivé relativement tôt sur le parking, je suis horrifié par le nombre de voitures. Je regarde mes camarades et leur fais part de mon inquiétude. Je n’ai pas envie d’être déçu une seconde fois. Même si ce lieu est important à mes yeux, je ne veux pas le sacrifier sur l’autel d’Instagram. “Putain de réseau social, me dis-je ! Comment peut-il impacter si négativement un monde qu’il prétend montrer sous son meilleur jour ?” Il s’agit peut-être simplement des voitures des résidents du plateau. Qui sait ?

    J’obtiens néanmoins un signe encourageant au téléphone. En effet, nous devons régler un problème de ticket de parking (c’est payant même en hiver !). La dame au téléphone me demande alors où nous comptons nous rendre et je lui fais part de nos intentions. Elle me décourage alors d’aller jusqu’à Trolltunga car tout est entièrement gelé à moins d’avoir des crampons ! On en a ! Je raccroche, je souris. Allons-y !

    Dès le départ, on s’impose un bon rythme afin d’en finir rapidement avec l’inintéressante route qui mène au hameau de Mågelitopp et au plateau de l’Hardangervidda. Au sommet, nous croisons un Youtubeur Sud-Coréen qui s’arrête toutes les 10 minutes pour faire ses “face cameras”. Cela sera la seule présence humaine que nous croiserons en 48 heures. Une fois le hameau désert traversé, il nous reste un dernier ressaut afin d’atteindre les grandes étendues de l’Hardangervida. En haut, tout n’est qu’une perspective enneigée infinie. C’est magique. Le soleil irradie. Je pense que nous ne pouvions pas rêver mieux comme météo. Enfin, chacun peut souffler. Nous prenons conscience que notre projet se concrétise et que nous serons les seuls à en profiter.

    Là haut face à cet horizon glacé, nous pouvons nous enorgueillir de posséder le temps et le silence ! On crie, on embrasse l’immensité, à nous l’aventure !

    Randonnée à la trolltunga en hiver
    Randonnée à la trolltunga en hiver
    Randonnée à la trolltunga en hiver

    Traversée des plateaux de l’Hardangervidda

    Une fois arrivé sur le plateau, je peux de nouveau toucher à cette nature norvégienne que je chéris tant. “Immensité” est un mot qui me fascine. Je l’utilise souvent dans mes textes. Il porte en lui la valeur de ce qui ne peut pas être mesuré, qui dépasse l’entendement de part son caractère sans fin. Finalement, ce mot possède en lui la richesse du sacré, de l’insondable et du divin. C’est précisément ce sentiment de transcendance qui me touche lorsque je me perds dans ces paysages sauvages de Scandinavie. Et là haut, dans cet infinie étendue de neige et de glace, notre petit groupe aborde humblement la puissance des éléments. Et dans leur exigence intrinsèque, la nature nous impose une ascèse. Demain, nous reviendrons grandis.

    Ces paysages norvégiens me bouleverseront toujours. S’y aventurer, c’est goûter à l’essence de nos vies, à l’absolu du divin et à l’infini beauté de ces horizons déshumanisés.

    Pourtant la Trolltunga reste cachée. À la place, nous avons une vue privilégiée sur les montagnes alentour et sur le lac en contre bas. Son histoire doit être aussi ancienne que les légendes qu’abritent la région. Chaque pas dans ce royaume glacé est un pur ravissement. Le soleil, au zénith, nous apporte le même éblouissement que nos sentiments face à cette nature. La pause de midi comme notre progression ne sont que des prétextes à la contemplation. Malgré cela, nous ne traînons pas et, en fin d’après-midi, nous atteignons tout doucement l’objectif de notre aventure.

    Randonnée à la trolltunga en hiver
    Randonnée à la trolltunga en hiver
    Randonnée à la trolltunga en hiver

    Contemplation et préparation du bivouac à Trolltunga

    Après un dernier ressaut, la Trolltunga apparaît, narguant le vide et offrant un balcon vers l’une des plus belles perspectives qu’il m’ait été donné de voir. Comme annoncé ce matin, l’accès à la Trolltunga est totalement gelé. Une épaisse couche de glace recouvre le dévers qui y mène ainsi qu’une bonne partie du promontoire. Heureusement, nous avons nos crampons. Clairement, sans eux il aurait été impossible d’y accéder. On profite d’être les seuls sur place pour faire la célèbre photo et puis, rapidement, on s’affaire à trouver l’endroit idéal pour le bivouac. Celui-ci sera capital car les prévisions annoncent un vent assez changeant cette nuit.

    Paradoxalement, c’est à quelques mètres du vide qu’on trouve l’endroit le plus sûr pour planter nos tentes. De fait, à cet endroit, nous sommes protégés par de petits dénivelés qui nous protègent du vent. De plus, l’endroit n’est pas trop verglacé, détail important si nous devons sortir la nuit. Nous plantons nos tentes 4 saisons avec des piquets spéciaux prévus pour la glace et la neige et nous maçonnons de petits murs de neige autour de la tente MSR afin d’éviter au vent de passer en dessous. De mon côté, j’en ai moins besoin car les parois de ma Hilleberg vont jusqu’au sol. Enfin, comme nous avons le temps et la météo avec nous, nous creusons un trou dans les alcôves des tentes afin que le froid « tombe » dedans et ne rentre pas dans la chambre.

    Le bivouac établi, nous nous faisons un café. Comme d’antiques pèlerins ayant atteint leur lieu sacré, on se mure dans le silence du recueillement et de la contemplation. En un instant, sous ce ciel bleu, nous devenons les clochards célestes de Jack Kerouac. Je joins les mains pour que chaque être humain puisse vivre un jour ce que nous vivons à cet instant précis.

    La Trolltunga en hiver
    Randonnée et bivouac à trolltunga en hiver
    Randonnée et bivouac à trolltunga en hiver
    © Gaëtan Fisse | Dronapix

    Crépuscule et bivouac à Trolltunga

    Avec le déclin du jour, la température chute drastiquement et nous tire de notre extatique observation. Il faut s’activer pour faire chauffer l’eau de nos lyophilisés. Il fait aux alentours des -15°c auquel s’ajoute l’effet éolien et un ressenti proche des -40°c. À ces températures, le gaz perd son efficacité et, après avoir attendu une éternité pour l’eau bouillante, nous pouvons réhydrater nos lyophilisés. J’en profite pour le glisser dans ma veste afin de profiter de la chaleur et garder le repas chaud. À peine a-t-on fini de manger que le soleil déploie un panel de couleur orangée en s’approchant de l’horizon.

    La lumière est absolument incroyable ! La Trolltunga prend feu. Alors, nous nous ruons sur nos appareils photos pour capturer ce moment d’éternité. Depuis le Covid, je rêvais de revivre un tel moment photographique. C’est ça la magie de la vie, rien ne se commande. Je cours partout. Je veux absolument saisir chaque nuance de ce crépuscule. Mes doigts deviennent douloureux ainsi que mon visage mordu par le froid. Le vent est si glacial que même ma doudoune -20° ne semble pas faire effet. D’ailleurs, mes camarades déscident de rentrer dans leur tente. Je ne peux m’y résoudre. Bordel ! Qu’est ce qu’on est bien ici ! Les couleurs de la montagne se révèlent dans leur infinie richesse. J’évite de cligner les yeux tant le spectacle offert est exceptionnel. L’émotion est à son paroxysme :

    Alors, j’évite de pleurer pour ne pas ajouter de la glace à ce paysage parfait. Pourtant, l’envie est là… Merci !

    Bivouac à Trolltunga en hiver
    Bivouac à Trolltunga en hiver
    Julien Libert sur la Trolltunga en hiver

    Aurore polaire à Trolltunga

    Ce bivouac à la Trolltunga fut une expérience extraordinaire mais intense et exigeante. Une chose est certaine : ce fut le bivouac hivernal le plus engagé que j’ai pu vivre. Il a fait -20°c et le vent n’a fait que souffler sans aucun moment de répit. Néanmoins, je n’ai, à aucun moment, eu froid. Mon sac de couchage Valandré ShockingBlue a fait son travail comme mon Thermolite Reactor Extreme. J’ai même pu dormir sans vêtement. Ce qui est conseillé, même par grand froid. Par contre, lorsque je sors de la tente, c’est un autre débat. Je rejoins Gaëtan qui est déjà levé. Il fait si froid que nous ne pouvons pas restés statiques. Du coup, on enchaîne les montées et descentes pour se réchauffer.

    Quand tout le monde est levé, on enfile les crampons et on retourne une dernière fois sur la Trolltunga. Toutes les bonnes choses ont malheureusement une fin et il est temps de prendre congé de cet endroit hors du temps. De plus, le vent s’est renforcé avec le lever du soleil. Il fait si froid que nous post-posons le petit-déjeuner et on replie notre barda. Et c’est en silence que nous prenons conscience que ce bivouac à la Trolltunga est sans doute l’une des plus belles expériences de nos existences respectives. Alors on enfile nos sacs, nous tournons le dos à notre lieu de bivouac et nous retournons à la civilisation.

    Quitter un lieu de bivouac a toujours une saveur particulière. On quitte ce foyer éphémère comme si nous y avions passé une vie. En réalité, c’est bien plus qu’une vie… On y convoque la nostalgie d’un instant inoubliable et notre souhait ardent de revivre un tel moment !

    Randonnée et bivouac à trolltunga en hiver
    Randonnée et bivouac à trolltunga en hiver
    Randonnée et bivouac à trolltunga en hiver
    Randonnée et bivouac à trolltunga en hiver

    Retour à la civilisation

    Alors que nous entamons le chemin inverse, je suis pris par une sensation de picotements au pied. En réalité, je ne les sens plus. J’enlève mes chaussures et je constate avec effroi leur teinte violacée. Sans m’en rendre compte, je suis à la limite de l’engelure. Je repars directement pour faire circuler le sang. Lorsque ce dernier afflue à nouveau, je suis pris par une douleur si intense que je ne peux m’empêcher d’arracher un cri de douleur. Il résonne dans toute la vallée. C’est sans doute la pire douleur qu’on puisse imaginer. Je ne vous le souhaite pas ! Heureusement pour moi, le vent est tombé et les températures remontent. On pourra même se poser en t-shirt pour petit-déjeuner. Un comble…

    Le reste de la journée n’est pas forcément évidente pour tout le monde. La fatigue se fait sentir et les pas sont moins assurés. Il faut dire que la nuit fut relativement chahutée. Personnellement, je mets la fatigue de côté pour profiter une dernière fois de ces paysages glacés. Après une nuit en cabane, du packraft et un bivouac dans le Nærøyfjord, il est temps de rejoindre Bergen et clôturer notre voyage. Alors, je laisse mon esprit divaguer. Cet horizon de glace m’hypnotise. Aurais-je définitivement abandonné mes tripes à la rudesse de ce climat ? La question est inutile, c’est une évidence.

    La montagne guérit. Son climat soigne. Le froid mord. Le vent vous exhorte. La beauté n’existe que par les ténèbres. Vainquons-les à travers le temps et l’espace. Des coeurs les plus sombres nait le courage. La montagne guérit.

    Randonnée et bivouac à trolltunga en hiver
    Randonnée et bivouac à trolltunga en hiver
    Randonnée et bivouac à trolltunga en hiver

    Matériel

    Le matériel est toujours une affaire de compromis. Il répond à nos attentes mais dépendra des besoins de chacun. La liste que vous trouverez ici est, à mon sens, un bon point de départ si vous envisagez de réaliser ce bivouac à la Trolltunga en hiver. Attention, cette aventure à la Trolltunga en hiver peut représenter un véritable danger si vous n’avez pas l’expérience du terrain et un mauvais équipement.

    Randonnée

    Bivouac

    Neige/Glace

    Julien Libert sur la Trolltunga en hiver

    Parcours – Bivouac à la Trolltunga en hiver

    Prenez conscience que ce parcours, bien que surfréquenté en été, peut réellement représenter un danger l’hiver. Le froid, la glace, une mauvaise préparation ou un mauvais équipement peut rapidement devenir un péril à votre vie. N’y allez donc pas sans préparation ou sans équipement adéquat. Si vous avez un doute, prenez un guide ou découvrez cette région dans le cadre d’un voyage organisé mais n’y allez pas seul !

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    PLAN IGN

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    PHOTOS AERIENNES / IGN

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    CARTES MULTI-ECHELLES / IGN

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    TOP 25 IGN

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    CARTE DES PENTES (PLAN IGN)

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    PARCELLES CADASTRALES

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    CARTES AÉRONAUTIQUES OACI

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    CARTE 1950 / IGN

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    CARTE DE L'ETAT-MAJOR (1820-1866)

    CARTE DE L'ETAT-MAJOR (1820-1866)

    CARTES LITTORALES / SHOM/IGN

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    SCAN EXPRESS STANDARD / IGN

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    SCAN EXPRESS CLASSIQUE / IGN

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    OPEN STREET MAP

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    IGN BELGIQUE

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    Circuits à proximité
    6 h 30 mn
    Modéré
    27 km
    max. 1218 m
    min. 428 m
    1283 m
    -1269 m
    Styles : RandonnéeDécouverteMontagne
    Publics : SportifsRandonneurs aguerrisAmateurs de sensations fortes
    Thématique : Adrénaline

    Informations complémentaires

    Départ

    Depuis la ville de Odda, prenez la direction de Tyssedal. Juste après le tunnel, prenez la première à droite et continuer toujours tout droit sur une route de montagne très étroite jusqu’au parking.

    Attention :

    - Le parking 1 coute 500 NOK (50€) par jour. C’est le parking d’où démarre la randonnée complète.
    - Le parking 2 coute 600NOK (60€) par jour. Il vous fera gagner 400m de D+ mais est très limité. Soyez à la barrière au maximum à 5heures du matin.

    Parcours

    Le balisage du sentier est tout simplement parfait. Vous aurez même un décompte des kilomètres. Le parcours est encore un peu glissant par endroit mais des travaux de terrassement sont en train de le rendre complètement sécurisé (dommage).

    Difficulté

    Cette randonnée n’est pas difficile quand on est entrainé ! Sa longueur (27km en démarrant du P1 – 20 en démarrant du P2) et son dénivelé (1250m du P1 – 800m du P2) ne sont pas à sous-estimer.

    Météo

    Pour rappel, nous sommes en Norvège. L’hiver, le parcours peut devenir extrêmement dangereux et ne doit être entrepris qu’avec une bonne connaissance de la montagne. Au printemps et à l’automne, cela dépend de l’état d’enneigement qui peut être précoce comme tardif. En été, soyez toujours équipés pour faire face à de la pluie, des températures basses et ayez toujours sur vous un moyen de vous orienter.

    Informations sur l'auteur

    Julien
    Julienhttps://www.sentiersduphoenix.be
    Je m'appelle Julien, j'ai 34 ans. Je suis passionné d'aventures, de nature et de sports outdoor. Mon blog "Sentiers du Phoenix" est un peu comme mon feu de camps permanent autour duquel je te partage toute ma passion pour l’Aventure, le Trail et la vie en pleine nature. On part ensemble à l'aventure ?

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