4l Trophy 2014 : carnet d’aventure !

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L’Aventure avec un grand « A », je pense que c’est ce qui caractérise au mieux le 4l Trophy. Les décors de Lawrence D’Arabie, d’Indiana Jones, de Gladiator et autres Kingdom of Heaven étaient tous conviés dans le sud marocain pour nous faire rêver et nous transporter dans un Orient magnifique et grandiose à la limite des Milles et Une Nuits ! Notre 4L a ainsi bravé le sable, la poussière et la casse pour nous amener à notre destination : Marrakech !

L’aventure a commencé il y a un an par toute la préparation qu’un tel projet nécessite : recherche de sponsors, préparation de la voiture etc. Je ne m’attarderai plus sur cet aspect du projet que j’ai détaillé dans un précédent article. Non, aujourd’hui, je vais vous raconter la folie aventurière que nous avons connue dans le désert marocain avec notre vieille 4L.

Tout commence le 11 février, date du pré-départ belge, la trentaine d’équipages belges s’est donné rendez-vous sous l’arche du Cinquantenaire pour célébrer le début d’un périple de plus de 7200 km. L’ambiance est là et on s’élance triomphalement à 15h30 vers notre première étape Paris !

On passe une nuit et on démarre tranquillement pour Poitiers où ont lieu les vérifications techniques qui avalisent ou non notre départ. C’est aussi à Poitiers qu’on fera notre premier bivouac…. à l’hotel :D. Bein oui, on n’avait pas envie de trop dépenser donc on a installé la popotte dans la douche et on y a dégusté nos Aikis avec quelques bières. Une très bonne soirée avant le lendemain où on avait notre rendez vous pour les vérifications.

On y vérifie que l’on possède bien le matériel obligatoire et surtout que la voiture est en état pour rouler sur les pistes cassantes du désert. L’ensemble des équipages doivent également passer une visite médicale. Bref, rien n’est laissé au hasard. Le temps ne nous a pas fait de cadeau ce jour là. La pluie et le vent ont empêché la tenue du départ habituel en direct avec l’autre lieu de vérification à St-Jean-de-Luz. Donc, dès qu’on a eu fini les diverses formalités, on s’est mis en route sans autre forme de procès vers Algéciras dans le Sud de l’Espagne.

Je vous évite la description par le menu de nos longues heures dans la voiture :D. Autant à l’aller les 2200 km jusque Algéciras sont passés relativement vites, autant, je serai encore plus évasif sur le retour qui fut tout bonnement barbant ^^. On s’est juste arrêter à Burgos où nous avons loger dans un hotel *** où on s’est entassé à 8 dans une chambre de 4 😀 pour limiter les coûts. Et là encore, on a sorti le camping gaz et les conserves pour se faire un petit picnic sur la terrasse des chambres.

On a ensuite continué notre route vers le Sud. On comptait s’arrêter à Jerez de la Frontera pour loger une dernière nuit à l’hôtel avant d’atteindre le bivouac à Algéciras mais impossible de trouver un hôtel. On a donc pris la décision de continuer et on est arrivé sur le bivouac vers 2h du matin. Le temps de s’installer et de se poser, la nuit était passée… Heureusement le lendemain, on n’avait rien de prévu si ce n’est le briefing général et le stickage de nos voitures.

J’ai quand même trouvé le temps, malgré mes 3 heures de sommeil, pour aller courir. Le bivouac se trouvait derrière une aire de repos et j’ai été étonné d’y trouver un véritable terrain tranquille derrière pour aller me dégourdir les jambes. Cette séance m’a permis de même faire quelques côtes travaillées en fractionné (http://www.movescount.com/moves/move26567208). J’avoue que ces quelques kilomètres n’ont pas été les plus productifs. La fatigue ne m’a pas permis de travailler correctement mais cette séance a eu le mérite de me faire du bien.

Raid 4L Trophy 2014 JT3 | Algésiras par 4ltrophy_officiel

Après le briefing, nous avons flâné et surtout mangé un dernier BK (Burger King :D). Après une dernière soirée sur le continent européen et une courte nuit, nous embarquons dans le bâteau pour le MAROC et l’AFRIQUE !!!

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Le 4L Trophy, c’est 7 jours au Maroc mais 5 jours de pistes… En effet, il faut rejoindre Merzouga à la frontière algérienne… Donc le dimanche était encore une longue journée de liaison de Tanger à Boulajoul dans l’Atlas.

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Raid 4L Trophy JT4 | Direction Boulajoul ! par 4ltrophy_officiel

Le lundi avait lieu la première étape qui comportait encore une grande partie de route mais à la fin de laquelle on abordait enfin la piste. Nous finissons cette étape 19e au classement général et nous sommes 1er Européen !! Petite fierté :D. En réalité, nous nous sommes emmêlés les pinceaux dans le roadbook et j’ai fait couper mon frère à travers tout. Cela nous a fait gagner de précieux kilomètres et donc des places au classement. Pour rappel, le raid exclu toute notion de vitesse. Il faut parcourir le trajet en parcourant le moins de kilomètres possible.

Sur cette étape et celle-ci uniquement (et heureusement), nous avons assisté à des scèndes de pillages de 4L. Les enfants se jettent sur la route pour faire ralentir les voitures, ouvrent les portières et prennent le maximum possible. Entre colère et détresse pour ces enfants, on ne sait malheureusement pas faire grand chose. L’organisation nous avait pourtant prévenu de ne pas trop ralentir même lorsque les enfants se mettent au milieu de la route !!! C’est dans ce genre de situation que l’on ne se sent pas très à sa place et en même temps on se dit que cette collecte de matériel permettra peut être à ces jeunes de ne plus être sur la route mais sur un banc d’école l’année prochaine.

Malheureusement pour nous, ces premiers kilomètres de pistes ont été nocifs à notre voiture. Arrivé au bivouac, nous avons remarqué que le soufflet du cardan gauche était déchiré. Nous avons donc du le changer. Super ! On avait jamais fait ça et le camion principal d’assistance était toujours sur la liaison. Je me suis donc mis à changer le cardan avec l’aide d’un autre trophiste. Pour finir le camion est arrivé et nous avons tout de suite été pris en charge pour la remonte de la nouvelle pièce. L’organisation fait appel également aux locaux pour donner un coup de main. C’est impressionnant de voir la connaissance des marocains en terme de 4L. Celui qui s’est occupé de nous, nous a remis le cardan en moins de temps qu’il faut pour le dire.

Cette mésaventure nous a ainsi bloqué toute l’après-midi et une partie de la soirée. Nous avons donc raté la cérémonie de remise des dons aux enfants du désert. C’est vraiment là ma plus grosse déception mais bon… ce qu’on s’apprêtait à découvrir allait bien plus largement nous remonter le moral….

Raid 4L Trophy 2014 JT5 | Premier jour à… par 4ltrophy_officiel

Les deux jours qui ont suivi, nous sommes restés dans la région de Merzouga pour y faire deux boucles : une première dite d’orientation et la seconde dite des bacs à sable. Le mardi, on part donc pour ce qui est notre toute toute première journée entièrement sur les pistes.

Et quelles pistes ! Des cailloux de plus de 20 cm de diamètres, des trous, de la caillasses, bref c’est SUPER cassant et on fait tout pour éviter de briser un autre cardan ou toute autre pièce. On ne se perd et on avance bien. Deux bacs à sable sont quand même présent sur l’étape histoire de nous mettre au parfum pour le lendemain ! Cette étape se finit sur presque 15 km de pistes « parfaites » : grande étendues pas cassante ou on peut appuyer sur le champignon. Quel sentiment de liberté ! C’est juste magique !!

On passe malgré tout au stand méca car il y avait un « cloc » quand on était au bout de la direction et on avait peur que ce soit le second cardan ! Mais très rapidement, le mécano vient nous rassurer, on avait un peu de jeu dans la crémaillère de direction et il est vrai que le bruit provoqué peut prêter à confusion.

On est heureux d’arriver tôt dans l’après-midi pour pouvoir se poser un peu : monter la tente sans pression et surtout manger à son aise parce que la veille nous n’avons pas su manger à midi ! Bref, on savoure ! Et bien sur, je ne peux pas m’empêcher d’aller courir. Les dunes me faisaient de l’oeil depuis la veille. On était installé au pied des Dunes de l’Erg Chebbi par où passe le Marathon des Sables. Je ne pouvais m’empêcher d’aller me dégourdir les jambes. J’ai donc enfilé mes baskets et je suis monté jusqu’au sommet de la dune qui nous dominait. Je ne pouvais pas en rester là. J’ai donc entrepris de m’aventurer seul dans l’erg afin de goûter un peu du silence du désert : éblouissant et magique (http://www.movescount.com/fr/moves/move26567210)

Raid 4L Trophy 2014 JT6 | Bac à sable à… par 4ltrophy_officiel

Après une projection du film Dikkenek où tous les belges étaient au « taquet » et une magnifique soirée au coin du feu, je me suis levé aux aurores pour monter à nouveau au sommet de la dune et être un peu seul. Une fois au sommet, il n’y avait que deux personnes pour admirer ce spectacle.

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Après ce magnifique lever de soleil, nous devions faire la fameuse boucle des bacs à sable. On stressait pas mal avant de démarrer car une partie des concurrents l’avait parcourue la veille non sans mal. Ils étaient rentré extrêmement tard et il y avait eu pas mal de casse. On ne peut pas dire qu’on partait léger comme l’air…

Pourtant la journée s’est extrêmement bien passée et restera pour moi une journée impérissable. Mon frère m’a laissé conduire toute la journée. C’était harassant d’être concentré sans arrêt mais le passage des bacs, l’entraide et les paysages époustouflants ont tout balayé. Étrangement, les passages mous passaient sans problème. Il n’y avait pas trop de bouchons. A mon avis, l’orga avait pris le taureau par les cornes pour éviter les soucis de la veille.

On a fini par se retrouver dans un groupe de 4 voitures belges avec qui on a fait la route. On s’est même permis de s’arrêter à midi pour manger au soleil tellement ça passait bien. Il restait une vingtaine de km. Donc, on s’est arrêté à proximité d’un village et on a profité de la chaleur. Quel plaisir quand même ! Quand on vient de Belgique et son hiver pluvieux, on se dit que les pays du Sud ont cette richesse que nous n’avons pas : le soleil ! C’était une vraie régénérescence.

La fin du parcours s’est terminé sur une pointe de stress. Alors que j’attaquais une grande portion plane sans caillou mais avec quelques bancs de sable, je ressentais une perte de puissance lorsque j’appuyais un peu trop sur l’accélérateur, un peu comme si la voiture s’étouffait. En me lançant dans ce qui sera notre dernier bac à sable, je n’avais plus de puissance et je me suis ensablé avec l’impossibilité de relancer le moteur : le carburateur était plein de sable. Nous n’avions pas installé de Schnorkel et l’absence de certains joints du capot laissait entrer pas mal de sable. On a donc démonté et nettoyé le carbu avec l’aide d’un concurrent belge. On nous a poussé pour sortir du bac à sable et c’était reparti !

Ce soir-là, on était relativement tôt sur le bivouac. Après avoir monté la tente et rempli le réservoir de la voiture, j’ai à nouveau mis mes runnings avec l’objectif d’aller voir le coucher de soleil dans les dunes. Je suis donc parti comme la veille et me suis posé pour admirer un magnifique et inoubliable coucher de soleil. Je dois avouer que courir dans le sable n’est vraiment pas de tout repos. Il faut clairement un entraînement spécifique pour avancer dans les dunes. La difficulté est la différence de densité du sable. Tantôt, il est compact et dur comme du béton, tantôt c’est mou et on s’enfonce jusqu’au cheville. Mais, quel plaisir de sauter l’arrête d’une dune pour dévaler son flanc à toute vitesse et se retrouver au fond pour regrimper et refaire pareil (http://www.movescount.com/fr/moves/move26567210)1912220_10153895860565145_665326049_n


Raid 4L Trophy 2014 JT7 | Derniers tours de… par 4ltrophy_officiel

Après cette journée de mercredi inoubliable, je pensais que ça serait la meilleure de notre aventure. C’était sans compter sur l‘étape marathon : près de 200 km de pistes suivi de la liaison vers Marrakesh en passant par deux cols à plus de 2000m. Bref, c’est 24h en autonomie dans le désert sur le parcours d’une ancienne étape du Paris-Dakar suivi d’un trajet à travers le Haut Atlas à couper le souffle.

Tout le monde s’était donné le mot pour partir très tôt. Résultat: des embouteillages au départ et quelques trophistes tendus. Mais dès qu’on est sur la route, le plaisir reprend le dessus. Les deux jours précédents, nous n’avions pas pu rouler avec nos compagnons de route lors de la descente. On profite donc de cette étape longue pour partir ensemble malgré nos départ normalement différés. D’autres voitures belges s’ajoutent à nous pour vivre l’étape la plus éblouissante au niveau des paysages mais aussi la plus technique. On y croise de tout : pistes cassantes, roulantes, fesh fesh, bacs à sable. On avance lentement mais surement. La mécanique en prend un fameux coup et de nombreux équipages sont sur le bord des pistes attendant l’assistance méca. Ça nous stresse ! On se dit que la prochaine panne ou casse sera pour nous.

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Une partie du groupe décide de faire une pause à midi. Certes on a pas mal avancé mais je trouve qu’il vaut mieux abattre les 170km obligatoires à passer (sinon, on doit rejoindre la route) quitte à se poser plus tôt. La veille, on a bien vu que ce n’était pas parce qu’il ne restait que 20km à parcourir qu’on n’échappe à un problème. Néanmoins, malgré mon opposition à cet arrêt, je dois bien avouer que c’est grâce à lui qu’on a fait la plus belle rencontre du voyage. Alors que nous mangions, deux jeunes enfants d’une dizaine d’années sont arrivés de nulle part sur une moto. Il s’agissait d’un frère et de sa soeur. Mais, contrairement aux autres enfants que nous avons croisés et qui venaient mendier, ils sont restés à une certaine distance et nous ont simplement observés. A deux, nous nous sommes approcher et avons échangé quelques banalités. Ils nous comprenaient mais ne parlaient pas… C’est la seule fois durant le voyage que j’ai véritablement eu envie de prendre une photo de locaux. Je leur ai demandé si je pouvais et j’ai réalisé ce qui est, à mes yeux, mes plus belles photos du séjour !

Après ces photos, ils ont à nouveau disparu dans l’immensité du désert ! Nous avons repris nos voitures et nous ne les reverrons jamais. Etrange sensation.

Mon inquiétude était quand même fondée car quelques kilomètres plus loin, nous nous sommes ensablés car nous avions pris une mauvaise direction. En effet, nous nous étions écartés de la piste pour manger et n’avons pas pris le bon cap. Nous avons été remis sur le droit chemin par l’organisation et avons continué notre petit bonhomme de chemin jusqu’à la nuit tombée. Hormis un blocage du changement de vitesse lors d’un passage de bacs à sable, nous n’avons rien eu si ce n’est le moment le plus FOU que je n’ai jamais eu au volant d’une voiture ! Le soleil se couchait, nous devions encore parcourir une petite dizaine de kilomètre avant de s’installer pour notre bivouac en totale liberté et nous avons du passer par une immense étendue parsemée de fesh fesh que nous avons du traversé sur une distance de 5 kilomètres. Nous passions tantôt d’une piste bien damée tantôt à du fesh fesh ou de petit bacs à sable. Nous devions systématiquement prendre de la vitesse pour passer ces bancs de sables. A chaque passage, nous avions le coeur qui se serrait en même temps que la voiture ralentissait dans le sable. Nous passions à côté de concurrents ensablés. On roulait à toute allure pour éviter l’ensablement et ces passages frénétiques de mou et de dur a duré une bonne dizaine de minute. Concentrés. On zigzaguait en choisissant notre trajectoire. Après, ce passage, tout le monde s’est arrêté et on a été pris d’un rire nerveux mais libératoire !

Vendredi était déjà notre dernier jour sur les pistes ! On s’est donc réveillé aux aurores pour achever la piste et entamer la remontée vers Marrakesh. A l’arrivée de l’étape chronométrée à Zagora, c’était en quelque sorte la délivrance ! On était éreinté par notre semaine et surtout ces deux jours dans le désert. A ce point, cela fait une semaine qu’on a plus pris de douche. On est poussiéreux. Le sable et la poussière s’infiltre inévitablement dans l’habitacle. La fatigue nous terrasse… Pourtant la route est encore longue jusque Marrakesh !

Raid 4L Trophy 2014 JT8 | Etape marathon, les… par 4ltrophy_officiel

Cette remontée était absolument à couper le souffle !  En passant par Zagora, Ouarzazate, le col du Tishka… On en prend plein la vue à chaque détour… Une fois dans l’Atlas, des vallées aussi verdoyantes que des oasis au milieu de la montagne apparaissent ! Je ne vais pas être très long car nous n’avons pas eu de soucis particulier lors de cette remontée si ce n’est que nous aurions bien passer quelques jours supplémentaires à explorer cette région magique.

Arrivé à Marrakesh, nous avons gagné notre hôtel pour une douche bien méritée. Le lendemain, nous avons visité la ville de Marrakesh et ses couleurs chatoyantes pour finir par la soirée de clôture et de remise des prix. Le lundi, nous remontions jusque Tanger pour remonter ensuite vers la Belgique où nous sommes arrivés le mardi 25 février…

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A notre retour, nous avons été accueilli par le bourgmestre et Canal Zoom a réalisé un très bon compte rendu de notre aventure. Je vous mets les liens :

L’accueil par le bourgmestre de la ville de Gembloux

4L Trophy – Canal Zoom : 1ere partie

4L Trophy – Canal Zoom : 2e partie

Enfin, je vous présente une première version de notre film du 4L Trophy. Celui-ci est une version courte que nous avons présenté lors de notre accueil à la Commune :

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