Trail des Sauvages 2016 : Acte 3 !

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Le Trail des Sauvages 2016 fut encore une édition mémorable : un parcours remanié pour le plus grand plaisir des coureurs, une météo clémente mettant en valeur les paysages de la vallée du Bocq et une Cuvée des Sauvages toujours si délicieuse. Petit retour sur mon trail coup de coeur depuis 3 ans déjà…

Un Trail, une histoire

En 2014, c’était la découverte de ce Trail sous un magnifique soleil. En 2015, malgré une météo maussade, j’avouais sans honte que ce Trail était « définitivement l’un des plus beaux de Belgique« . En 2016, le temps était de nouveau clément et, que dire ? Je voulais éviter d’être dithyrambique, mais je ne peux pas parce que cela serait vous mentir. Le nouveau parcours est encore plus beau et surtout plus dépaysant. Je ne peux que vous confirmer que le Trail des Sauvages est un des plus beaux de Belgique. J’ai beau chercher des anicroches, je n’en trouve pas !

Cette édition avait une saveur particulière suite aux attentats de Bruxelles (22 mars 2016). En effet, la course était menacée d’être annulée comme d’autres événements. Les organisateurs ont tenu bon et ont fait de cette course une grande fête du Trail comme on les aime. Je ne peux m’empêcher de vous partager les mots puissants des organisateurs qui ont donné une dimension toute particulière à l’événement :

Notre décision (ndlr : de maintenir le trail) a été motivée par notre volonté de ‘’ne pas céder à la barbarie, ni au chantage de la violence’’.

 

Nous estimons que plutôt que de s’incliner, une autre façon de répondre à cette barbarie et cette violence, comme à toutes violences ou injures à nos valeurs fondamentales, de quelque intensité ou nature qu’elles soient, est de ‘’s’accrocher’’ ; ‘’d’affronter’’ ; de ‘’ne pas s’incliner’’ ; de ‘’s’opposer’’ ; de ‘’garder la tête haute’’, ‘’d’aller de l’avant’’,  dans le ‘’respect des dites valeurs’’.

Aussi difficile et abrupt que soit parfois le chemin.

 

Nous pensons que c’est ‘’l’hommage qu’attendraient de nous les victimes’’ qui ont innocemment payé de leur vie cette folie meurtrière.

Elles  ‘’resteront dans notre esprit tout au long de cette journée’’ et nous leur rendrons un hommage particulier en respectant ‘’UNE MINUTE DE SILENCE AVANT CHAQUE DEPART DE COURSE’’.

Ces mots et ce contexte ont touché une grande partie du peloton. Nombreux sont ceux qui arboraient les couleurs nationales. Dans un pays où ce sentiment est déliquescent, il fallait être insensible pour ne pas sentir que « quelque chose se passait ». Pour cela, je remercie les organisateurs d’avoir observé cette minute de silence. 60 secondes suffisamment fortes pour nous donner le « kick » durant toute la journée. 

Trail des Sauvages 2016
Photo de Jean-Pierre Lallemant

Trail des Sauvages 2016

Depuis 3 ans maintenant, cette course est devenue ma répétition avant la Bouillonnante. Je suis donc en pleine – voire en fin de – préparation. La fatigue et les jambes lourdes sont souvent les invités à moitié désirés. Cette année n’a pas échappé à la règle. Je me jure l’année prochaine de la courir hors préparation pour être au top et en profiter à 200%.

Dans cette perspective, je la cours généralement en sous-régime. Cette année, je souhaitais la courir en « entraînement » à une allure légèrement supérieure à celle que je compte prendre à Bouillon. J’ai réussi à ronger mon frein pour ne pas démarrer trop vite et ainsi respecter le tempo. Malheureusement, cela ne m’a pas empêché d’être dans le dur. Quelle en est la raison ? Je l’ignore. La fatigue ? Le don de sang du mardi précédent ? La fin de préparation ? Je ne le saurai jamais.

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Après avoir été inversé en 2015 par rapport à 2014, le parcours de l’édition 2016 reprenait le même sens que l’année précédente.  Mais, dès le deuxième kilomètre, le parcours nous réservait déjà de nouveaux chemins. En effet, tantôt un bois, tantôt une forêt, surprend les coureurs fidèles aux éditions précédentes. Ces changements nous mènent secrètement vers la carrière d’Yvoir que nous traversons de part en part durant 3 kilomètres. Ce passage est extraordinaire. Les hautes parois nous dominent. L’étrangeté des lieux rejoint sa magnificence.

Trail des Sauvages 2016
Photo de Laurent Germain

Les sentiers nous amènent ensuite en bordure de Meuse, une nouveauté également. La montée qui s’ensuit n’est pas piquée des vers. À travers la roche, et à l’aide de cordes, la longue file de coureurs s’égrène pour atteindre les bois surplombant la vallée de la Meuse. Ils nous mèneront vers Godine et Mont par des chemins que les aficionados de la course reconnaîtront sans peine. Après le premier ravito, une longue partie plane et puis descendante me permet de remettre un peu de tempo dans ma course d’escargot.

Tantôt à travers bois, tantôt au fil du Bocq, je chemine cahin-caha car je sais que les difficultés ne font qu’arriver. Après le passage sur une ancienne ligne de chemin de fer, relique d’un passé oublié, une longue côte, pentue à souhait, attend téméraires et moins téméraires – je vous laisse deviner dans quelle catégorie j’étais ce jour-là.  Et comme pour se moquer de notre effort, le parcours nous fait redescendre peu de temps après par un des plus beaux passages du Trail : une descente en lacets complètement incongrue suivie d’un tunnel éclairé à la lueur des chandelles.

Trail des Sauvages 2016
Photo de Luc Delhaye

Avec à nouveau le Bocq comme compagnon, nous le longeons sur un chemin large et agréable qui nous permet de souffler et d’admirer le paysage que le soleil vient baigner de sa chaude couverture lumineuse. Pourtant cette contemplation s’arrête net avec l’hectomètre vertical, je l’avais oublié celui-là : 100m de dénivelé positif à travers roches et feuilles mortes. Ce passage nous fait perdre toute dignité et nous oblige à poser les mains. Heureusement, la relance suivante, magnifique single track, nous fait vite oublier la douleur de l’acide lactique.

Trail des Sauvages 2016
Photo de Fabrice

La suite, malgré son caractère bucolique, n’est pas moins piquée des vers. Une succession de « up & down » vous arrache vos dernières forces pour vous mener à travers de magnifiques single tracks malheureusement privés mais tous plus beaux les uns que les autres jusqu’au parcours du 17km. Dernière côte, et puis c’est le retour à Evrehailles et sa « Cuvée des Sauvages » bien méritées.

Pour conclure

La conclusion ne sera pas fort différente cette année : un magnifique parcours exigeant, une équipe organisatrice dans le plus pur esprit Trail et un after baigné par le soleil. Que demande le peuple ? Rien ! Merci à toutes l’équipe organisatrice, merci aux bénévoles et aux photographes sur le parcours, vous avez fait un job exceptionnel !

Je remercie également mon partenaire TRAKKS de soutenir des initiatives comme le Trail des Sauvages. En effet, le Trail est non seulement « l’un des plus beaux de Belgique » mais est désormais un immanquable en Belgique !

Commentaires

6 Commentaires

  1. Quel magnifique récit. Je suis allé à l’école à Yvoir pendant plusieurs années, je connais assez bien le coin. Et pourtant, tu le racontes d’une manière telle que j’ai l’impression de vivre à chaque fois une grande aventure dans un pays lointain.

    Je sais que tu es en ce moment même au WAT16, je regrette de n’avoir pu y aller, j’aurais aimé te rencontrer. Si jamais tu as des petits goodies (stickers) au salon, tu pourrais aller en filer à mon collègue Armand sur le stand de la Marque Ardenne, il me les ramènera et je serai super content (à défaut de parler de vive voix avec toi bien sûr). Merci

    • Salut Maxime ! Merci pour ton commentaire 😉 Cela me fait très très plaisir !
      Malheureusement, je n’ai pas su me rendre au WAT16 car je viens de commencer un nouveau travail.
      Cela serait cependant un plaisir de te rencontrer (sur un Trail ou autre 😉 ).
      À très vite !

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